‹ Histoire des LagidesChapitre 250 sur 258 · Liv., XXXVII · texte numérisé non relu

Liv., XXXVII

et par rapproche des légions romaines, armant tout ce qu'il trouvait sous la main, y compris les Gappadociens que lui envoyait son gendre Ariarathe et des mercenaires galates, ravageant le territoire de Pergame et offrant en même temps la paix, acculé enfin à la bataille décisive et complètement défait à Magnésie du Sipyle (fin 190), lorsque Antiochos, disje, se fut résigné à laisser dépecer son empire, le Sénat ne se crut pas obligé de comprendre le roi d'Egypte parmi ceux à qui il distribuait les dépouilles du Séleucide. Le traité que le Sénat retoucha à loisir pendant près de deux ans de délibérations, et que dut signer à Apamée le vaincu de Magnésie*, en adjugeait la plus grande partie à Eumëne, le reste aux Rhodiens. Les Romains étant les libérateurs des Hellènes, les villes qui avaient embrassé la bonne cause furent exceptées du partage. La Chcrsonèse de Thrace, les deux Phrygies, la Lycaonie, la Mysie, la Lydie et llonie, avec Éphèse et Traites en Carie, la Milyade avec Telmessos, furent incorporées au royaume de Pergame; les Rhodiens eurent la Lycie et la Carie jusqu'au Méandre, sauf Telmessos, qui formait enclave dans les possessions rhodiennes '. Le Sénat, qui réclamait naguère à Antiochos les territoires enlevés à Ptolémée, pupille du peuple romain, ne se chargeait plus de restituer à TÉgypte ce qu'elle avait laissé prendre. Quant à la Cœlé-Syrie, puisque les arrangements consentis par les rois lors du mariage de Cléopâtre en avaient réglé la condition, le Sénat n'avait pas à se mêler de ce qui s'était fait sans lui. Au fond, il jugeait utile qu'Antiochos gardât cette province, la plus riche de son royaume. La lui enlever eût été le mettre hors d'état de payer l'énorme indemnité de

1. Voy. les clauses dans Poiybe (XXU, 7), T.-Live (XXXVll, 55-56. XXXVUl, 37-39), Diodore (XXIX, 10), Appien {Syr,y 44. Mithrid,, 62), etc.

2. Liv., XXXVII, 56. Cf. Strab., XIV, p. 665. Il n'était pas mauvais que les rois de Pergame eussent un port situé de façon à surveiller et gêner les Rhodiens. La Lycie fut, du reste, pour les Rhodiens un tracas perpétuel et finalement cause de leur ruine. Ils auraient voulu avoir aussi la Cilicie, qui resta à Antiochos.

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