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LE PARTAGE DES DÉPOUILLES

guerre stipulée par les Romains pour eux et le roi de Pergame. Il y eut bien un Ptolémée pour lequel le Sénat se montra gracieux, peut-être avec la prétention de respecter en lui la descendance des Lagides, mais ce n'était pas le roi d'Egypte. Du territoire de Telmessos en Lycie fut distrait, comme propriété particulière, « le domaine qui avait appartenu à Ptolémée de Telmesse : celui-là fut indépendant et d'Eumène et des Rhodiens ' ». Il est douteux que cette attention ait été très goûtée à Alexandrie. En tout cas, on n'y put être jaloux de Philippe de Macédoine, qui eût trouvé la Chersonèse de Thrace fort à sa convenance, et qui, après avoir rivalisé d'obséquiosité avec Ptolémée, se vit récompensé de la même manière '.

C'est ainsi que l'Egypte perdit définitivement et sans espoir de retour toutes ses possessions extérieures, sauf Gypre, sans que Ptolémée osât se plaindre. Désormais, rois et peuples se le tenaient pour dit : toutes les affaires internationales aboutissaient maintenant à Rome, et le Sénat voyait de mauvais œil toute démarche qu'il n'avait pas suggérée. Polycrate n'essaya qu'une négociation d'apparence inoffensive, et encore n'y réussit-il pas. Reprenant une vieille tradition de la politique des Lagides, il voulut renouveler

4. Agrum qui Ptolemaei Telmessii fuissel (Liv. XXXVII, 56). On discutera longtemps encore sur Tidentitâ du personnage en question. Le passé fuissei permettrait de douter qu'il y eût encore un principicule de ce nom : mais il 8*agit sans doute de lui restituer ce qui lui avait été enlevé (par Antiochos ?). Comme on connaît un Ptolémée de Telmessos, dont Tidentité et Torigine n'est pas moins problématique (ci-dessus, pp. 153, 3. 182, 2. 206, 2), lequel gouvernait Telmessos pour le compte de Ptolémée Évergète vers 240, on peut supposer que le propriétaire actuel du domaine était son fils (Cf. M. Holleaux, in BCH,, XUl [1889], p. 528. XIV [1890], p. 162-167. Rev, de PhiloL, 1894, p. 119-125), héritier d'un père (fils du roi Lysimaque?) qui aurait été successivement au service des Lagides, puis des Séleucides, et enfin indépendant.

2. C'est au cours des négociations, sous Tarchontat de Symmachos (190/89), que les Athéniens décernent des honneurs à un 'AXi^aySpoc xi{jiû(jicvo; Oicô toC ^avtXIfax; nToXtixaCou (Ath. Mitth., V [1880], p. 329). Les Athéniens intercédaient alors pour les Étoliens (Liv., XXXVIII, 10). Cet officieux n'aurait-il pas cherché à intéresser les Athéniens à la cause de Ptolémée?

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Falliance de l'Egypte avec les Achéens, alors et depuis longtemps alliés — plus alliés qu'amis — des Romains. Il expédia à cet effet en Grèce TAthénien Démétrios. La Ligue achéenne, dont Philopœmen était cette année-là le strat^e, répondit à cette démarche en envoyant à Alexandrie Lycortas, le père de Polybe, accompagné de deux Sicyoniens, Théodoridas et Sositélès, « pour qu'ils allassent prêter serment au nom des Achéens et recevoir celui du roi » (186). Mais il se trouva des gens méticuleux, qui étaient surtout des gens admirant ou craignant les Romains, pour blâmer cet échange de bonnes paroles. Les Achéens, se voyant comblés de prévenances et de promesses à la fois par les rois de Pergame, de Syrie et d'Egypte, devinrent méfiants et eurent peur de s'engager. Quand les députés achéens revinrent d'Alexandrie, accompagnés d'un ambassadeur de Ptolémée, et que Lycortas, devant la Diète de Mégalopolis, parla des serments échangés, de l'amitié et du dévouement du roi pour la Ligue, ajoutant « qu'il apportait, comme présent fait à la communauté six mille armures de peltastes en airain et deux bents talents en monnaie de cuivre », le nouveau stratège Aristaenos se récria et demanda quel était, parmi les nombreux traités d'alliance signés auparavant entre la Ligue et les Ptolémées, celui qu'il s'agissait de renouveler. Philopœmen fut embarrassé; Lycortas se trouva court, et Aristaenos, qui se fit ce jour-là une réputation d'homme habile à leurs dépens, remit à plus tard la solution d'une affaire si mal étudiée (185). Mais on n'alla pas jusqu'à renvoyer les armes et l'argent *,

C'est probablement l'année suivante que Polycrate réussit à écraser définitivement les rebelles du parti national, qui survivait toujours à ses nombreuses défaites. Le caractère

1. Polyb., XXIII, 1, 5-6; 7, 1-2; 9, 1-13. XXV, 7. La Diète avait refusé les 120 talents d'Eumène, odieux comme acheteur d'Égine ; et elle refuse ensuite les dix longs navires offerts par Séleucos IV, — le nouveau roi de Syrie, fils et successeur d'Antiochos lll, — mais en « renouvelant amitié avec lui ».

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