‹ Histoire des LagidesChapitre 252 sur 258 · FIN DES TROUBLES EN EGYPTE · texte numérisé non relu

FIN DES TROUBLES EN EGYPTE

brutal et tyrannique du roi n'avait pu que les exaspérer, ceux du nord comme ceux du midi. La reprise des travaux du T. d'Edfou en l'an XIX d'Épiphane (187/6) suppose que la Haute-Egypte était en voie de pacification *. C'est en l'an XX que prend fin, d'après les papyrus démotiques, la domination des chefs indigènes cantonnés dans la Thébaïde ^. L'année suivante, le roi, avec la reine Cléopâtre et le fils dont la naissance venait d'assurer enfin, après sept ans de mariage, l'avenir de la dynastie, faisait ses dévotions à Philae, au T. d'Asklépios, dédié par lui au dieu médecin qui pouvait bien avoir aidé par sa grâce à l'heureux événement '. Il fit graver sur ses murs deux décrets, l'un instituant une fête commémorative (?) de la soumission et punition des rebelles; l'autre, en l'honneur de la reine Cléopâtre *. Il est difficile de décider si les rebelles dont il est fait mention dans l'inscription de Philse étaient les bandes de la Haute-Egypte ou celles que Polycrate pourchassait dans le Delta. On avait fait cette fois un effort sérieux. Le belliqueux eunuque Aristo-

\ . Ci-dessus, p. 316.

2. Cf. Revillout, Rev, Égyptol., III [1883], p. 5. La répression dut accélérer la décadence de Thèbes. Un siècle plus tard, sous Ptolémée Soter II Lathyros, une nouvelle rébellion acheva sa ruine.

3. Cf. ClGr., 4894 = Letronne, flcc, I, p. 7 = Slrack, 70 (BaatXeùç IlToXspiaroc x«l paaCXiaaa KXeo'irdtxpa 6eol 'Eictoawjî; xal nToXciiaîoc ô uîàç 'AffxXîiiCKj). Ce fils, Ptolémée Philomélor. doit être né la même année, et peut-être le même jour, qu^un Apis né le 19 janvier 186; car il est appelé « jumeau d'Apis, vivant dans leur berceau », dans un document sacerdotal. On sait maintenant que sa sœur Cléopâtre était plus jeune que lui (chose encore douteuse pour Strack, p. 197, 19). Une inscription relate des hommages à Ptolémée et Cléopâtre « sœur et femme, dieux Épiphanes et Eucharistes, et k leur fils Ptolémée », sans mention de la jeune Cléopâtre (Botti, Bull, de la Soc, arch. cTAlex., I [1898], p. 41. Strack, in Archiv f. Papf., II 4 [1903], p. 547).

4. Voy. Baedeker, Ober-Aegypten, p. 422. « A Philœ, le T. périptère, àgauche, a été dédié à Hathor et consacré à la délivrance dlsis, mère de Horus, allusion k la délivrance de Cléopâtre, épouse d'Épiphane. Ce T. a été commencé par ce prince, sans doute pour rappeler la naissance de ses deux fils » (Letronne, Recueil^ II, p. 9). On sait, parles fouilles faites en 1896 par le capitaine Lyons aux temples d'Arhesnefr et Imhotep à Philœ (cf. ci-dessus, p. 317, 1), que Ptolémée Épiphane y fit mutiler les cartouches d'Ergamène. Mahaffy {Hislory^ p. 160) en conclut, un peu hâtivement, m that he reconquered Philœ from the Nubian power ».

nicos, ami d*enfance du roi, était ailé recruter en Grèce des mercenaires pour renforcer Farmée, qui s'était mise en campagne sous les ordres du roi lui-même. Terrifiés par ces apprêts, ou, pour parler comme Polybe, « cédant à la force des choses, les dynastes qui étaient encore saufs, Athinis, Pausiras, Chesouphos et Irobastos, se rendirent à Saïs, se livrant à la discrétion du roi. Mais Ptolémée, sans respect pour les garanties convenues, les fit enchaîner et traîner tout nus derrière des chars, après quoi il acheva sa vengeance en les mettant à mort. Il se rendit ensuite avec son armée à Naucratis, où il trouva Âristonicos et les mercenaires qu'il amenait de Grèce, incorpora ceux-ci à ses troupes et rentra par mer à Alexandrie * ». C'était la première fois, au rapport de Polybe, que le roi, âgé alors de vingt-cinq ans, quittait la chasse pour la guerre. Encore semble-t-il que Polycrate ait mené les opérations militaires et invité le roi seulement comme justicier, pour l'exécution finale.

Il se pourrait que l'armée renforcée par les soins d' Aristonicos dût servir à d'autres desseins. Polybe n'insisterait pas tant sur l'humeur belliqueuse de l'eunuque, si elle ne s'était communiquée dans une certaine mesure au roi, que Polycrate cherchait, au contraire, à tenir éloigné des soldats. Antiochos était mort misérablement (186) de la mort d'un malfaiteur, en cherchant, dit-on, à piller un temple en Élymaïde pour payer ses échéances aux procurateurs romains. Son successeur, Séleucos IV Philopator (186-175), chargé du poids de ses fautes, ne put que végéter sur le trône '. A ce royaume affaibli, l'Egypte avait chance de reprendre de vive

1. Polyb.. XXIII, 16-17. [XXI, 19. 22 Dindorf]. Ce traitement des rebelles rappelle tout à faiti pour la cruauté et le manque de foi, ce qui s'était passé en 197 (ci-dessus, p. 366, 1).

2. Antiochos le Grand avait associé au trône ce second fils, après la mort de Talné (ci-dessus, p. 382, 2), au moins à la fin de son règne. Mention d' « Antiochos et Séleucos rois » en l'an 123 Sel. = 187 a. C, dans les documents babyloniens (Zeitschr. f.AssyrioL, XII [1892], p. 201-294). Sur la mort d'Antiochos, voy. Diod., XXVIII, 3. XXIX, 15. Strab., XVI, p. 744. Justin., XXXII, 2, 1-2. "Euseb. Arm,, I, p. 253 Schœne.

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