‹ Histoire des LagidesChapitre 42 sur 258 · IV · texte numérisé non relu

IV

Ptolémée satrape indépendant (3H-305).

Il est probable que l'expulsion de Séleucos fut le premier souci d'Antigone après la signature du traité, et qu'il partit aussitôt pour l'Orient ou y envoya de nouveau son fils Démétrios. Le silence des textes couvre d'un voile épais les opérations de cette campagne hypothétique. Ce qui paraît certain, c'est que Ptolémée, alors mieux informé de ce qui s'était passé du côté de Babylone, s'empressa de se mettre en communication avec Séleucos. Arrien rapporte, sans dater le fait, que « les gens envoyés par Ptolémée fils de Lagos à Babylone vers Séleucos Nicalor à travers l'Arabie, après avoir mis huit jours à franchir un isthme, entrèrent dans un pays désert et sans eau, où ils firent route en toute hâte sur des chameaux, ne voyageant que de nuit, pour éviter la

D*autre part, étant donné : !<> que l'ère des Séleucides (ci-dessus, p. 49, 1) a porté aussi le nom « d'ère après Alexandre (Alexandre IV, confondu plus tard avec Alexandre-le-Grand) ; 2o qu'elle a été rattachée, sous le nom d'ère xatà XaXSatou?, à Tannée 311 (au lieu de 312); 3<» que le Chronicon Paachale (p. 171 Bonn) la fait partir « du consulat de RuUus et Rutilius » (310]j ; on est amené à conclure que toutes ces ères — y compris Tère de Citium (ci-dessus, p. 48, 1) — ont pour point de départ le môme événement, à savoir, le morcellement de Tempire à la mort d'Alexandre IV. Ce sont des façons différentes de situer la date initiale, soit au début de Tannée syromacédonienne dans laquelle Tévénement s'est produit (ère des Séleucides, quelque peu antidatée^ pour la faire coïncider par surcroît avec le retour de Séleucos) ; soit au début de Tannée suivante, syromacédonienne (ère chaldéenne), ou égyptienne (ère des Lagides), ou romaine (ère séleucide, d'après le Çhron, Pasc/i.),

56 CHAP. II. — PTOLÉMÉE SATRAPE d'ÉGYPTE

chaleur intolérable du jour, avec une provision d'eau portée par les chameaux * ». On ne voit pas à quel autre moment Ptolémée put être obligé de prendre cette voie détournée pour communiquer avec Séleucos. Que cette mission clandestine ait été un renfort, ou simplement une députation portant à Séleucos le conseil de tenir bon pendant que ses alliés répareraient de leur mieux les erreurs du traité conclu % il est évident que Ptolémée entendait maintenant revenir sur les concessions faites à Antigone. Débarrassé des soucis les plus pressants, — à l'extérieur, par le départ de l'armée d'Antigone, et, d'un autre côté, par une expédition heureuse contre les tribus libyennes de la Marmarique, peut-être aussi par un arrangement quelconque avec Ophellas à Cyrène ; à l'intérieur, par des libéralités faites à propos au clergé indigène ', — Ptolémée jugea le moment venu de tirer parti des circonstances. Elles étaient redevenues soudain favorables, grâce à un de ces revirements qui, tantôt sur un point, tantôt sur un autre, rompaient à tout propos l'équilibre branlant établi par les traités. Le stratège Polémée, chargé par Antigone de combattre Cassandre en Grèce, trahit la cause de son oncle et s'entendit avec Cassandre, comme Tavait fait, cinq ans auparavant, le fils de Polyperchon. Il associa à sa défection son lieutenant Phœnix, qui commandait pour lui dans la Phrygie d'Hellespont *. Une fois cette brèche ouverte dans la domination d'Antigone, le prudent Ptolémée crut ne pas trop risquer en essayant de Tagrandir. Il se mit à agiter les villes grecques, surtout

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