‹ Histoire des LagidesChapitre 44 sur 258 · Diod., XX · texte numérisé non relu

Diod., XX

2. Nous ne savons pas du tout ce qui s*est passé en Orient, de 311 à 309, entre Séleucos et Antigone. On a accepté plus haut la conjecture de Droysen fondée sur le texte d'Arrien {Ind.y 43] : celle qu'il tire d'un passage de Polyen (IV, 9, 1) est plus contestable. Comme le remarque Niese (I, p. 411, 7), cette bataille de deux jours, gagnée le second jour par Séleucos, pourrait bien être la bataille dlpsos (301).

58 CHAP. II. — PTOLÉMÉE SATRAPE d'ÉGYPTE

SCS iiiles encore vierges, pour qu'elles ne tombassent point au pouvoir de rennemi. En même temps, elle persuada aux femmes des frères de Nicoclès de se donner la mort avec elle, bien que Ptolémée n'eût rien ordonné de pareil au sujet des femmes et leur eût, au contraire, garanti toute sécurité. Le palais étant rempli de meurtres et de catastrophes imprévues, les frères de Nicoclès fermèrent les portes, mirent le feu à la maison et se tuèrent eux-mêmes. C'est de la façon susdite et dans ces circonstances tragiques que fut exterminée la famille des rois de Paphos *. » Ptolémée n'avait pas prévu ces horreurs, et il dut regretter un éclat qui risquait de lui valoir la réputation d'un Cassandre. Mais on conçoit ses alarmes et la promptitude de son intervention, si le traître était non pas un roitelet de Paphos, comme le veut Diodore, mais l'homme qu'il avait investi do sa confiance, Nicocréon, son lieutenant-général à Cypre. Nous ne saurons jamais jusqu'à quel point Ptolémée pouvait

1. Diod., XX, 21. Polyen (VIII, 48) détaille et paraphrase le dénouement. Il y a là un problème dont la solution a été longtemps discutée. On sait par les monnaies (NIKOKAEOTS I1A<t»I0N dans E. Babelon, Les Perses Achéménides [Paris, 1893], p. cxlv, fig. 68) et par les nouveaux fragments d'Arrien (p. 27 Reizenstein), qu'il a réellement existé un Nicoclès de Paphos ; mais ce Nicoclès n'a pas d'histoire, et il est clair qu'une confusion entre des noms aussi semblables que Nicoclès et Nicocréon a pu se produire aisément. Dans une citation d'Athénée (VIII, p. 349 e), que la mesure du vers rend inattaquable, Axiothéa est appelée Ntxoxpiovxoç vuvif|, et plus loin (p. 352 d), il est question d'un NtxoxX^ouç toO Kuicptwv [et non Ilauptwv] paatXéwç, qui parait bien être le même que le mari d'Axiothéa. Aussi Wesseling restituait Nixoxp^cov, au lieu de NixoxXfiç, dans le texte de Diodore. Mais Droysen s'est refusé absolument à confondre Nicocréon, roi de Salamine d'après Plutarque {Alex.^ 29) et les monnaies, avec un roi de Paphos, et Niese (I, p. 306, 2) le suit encore. Le nouveau fragment de la chronique de Paros tranche enfin la question contre Diodore et ses partisans (Niese, II, p. 774, s'est rétracté). On y lit que, sous l'archontat de Simonide (311/0). Nixoxpiwv IteX«ût»^(jev xaî IlToXe.aatoç xupicuei •ri;? vfi<Tou (Ath.MiUh,y XXII [1897], p. 188). On s'explique ainsi très bien ce qui embarrassait fort Droysen et Niese, à savoir que Ménélaos reparait comme stratège général en 310 et qu'on ne trouvait nulle part mention de la mort de Nicocréon. Il est possible que l'exécution ait eu lieu à Paphos, Nicocréon ayant l'Ile entière à sa disposition (Macrobe, Sat., I, 29, 16, appelle aussi Nicocréon Cypriorum rex) ; mais il se peut aussi que Diodore l'ait placée à Paphos en vertu de la confusion faite entre Nicocréon et Nicoclès.

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