‹ Histoire des LagidesChapitre 46 sur 258 · Diod., XX · texte numérisé non relu

Diod., XX

60 CHAP. U. — PTOLÉHÉE SATRAPE d'ÉGYPTÉ

mîer menacé, travaillait de son mieux à lui barrer le passage. Il était entré dans toutes les ligues formées contre Ântigone, mais ne s'était occupé que de ses propres affaires. Durant les quatre dernières années, il avait imposé sa domination aux villes grecques riveraines de la Mer Noire, en dépit des Thraces, des Scythes, du prince du Bosphore Cimmérien et d' Antigone lui-même, qui avaient appuyé leur résistance. Pour le moment, il se construisait une capitale. Sur l'isthme qui rattache la Chersonèse de Thrace au continent, entre Cardia et Pactye, s'élevait une ville nouvelle, Lysimachia, que son éponyme pourvut d'habitants en dépeuplant le reste de la Chersonèse * . Antigone ne pouvait attaquer d'un côté sans courir le danger d'avoir à se défendre de l'autre. La défection de Polémée avait dû le laisser dépourvu de marine : il n'oubliait pas qu'entre l'Europe et lui il y avait la mer, et que, sur cette mer, le Lagide était aux aguets avec une flotte dont on entendait parler de temps à autre. Évincé de la Cilicie par Démétrios, Ptolémée profitait de sa supériorité sur mer pour s'attaquer à la Lycie et à la Carie, débarquant à l'improviote et multipliant les coups de main. Il avait pris de cette façon Phasélis, Xanthos, Caunos, Héraclion, Persicon, et il était maintenant installé à Cos, qui était, depuis quelques années déjà, un point de ralliement pour sa flotte '. C'est là que, sur son invitation, Polémée, l'infidèle stratège d'Antigone, vint le rejoindre de Chalcis. Rien ne nous autorise à soupçonner que cette invitation fût un piège ' ; Ptolémée n'avait aucun intérêt à se

1. Mahaffy (Greek Life, p. 327) remarque que tous les potentats hellénistiques se bdtirent des capitales ou « résidences » nouvelles : Lysimaque à Lysimachia, Antigone à Antigonia sur TOronte, Séleucos à Antioche, Attale à Pergame, Prusias à Nicomédie. Pour Ptolémée, c*était chose faite ; il avait Alexandrie.

2. Dès 314, on voit Séleucos ramener ses navires de Lemnos à Cos (Diod., XIX, 68).

3. Droysen (II, p. 382) me parait dénaturer le texte de Diodore en supprimant Tinvitation ({ist«icI|x<)/3ito) de Ptolémée, et y ajouter une conjecture

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