‹ Histoire des LagidesChapitre 48 sur 258 · Plut., Demetr., 7. Cf. Droysen, II, p · texte numérisé non relu

Plut., Demetr., 7. Cf. Droysen, II, p

4. C'est ici, et non vers 266, comme le voulait Droysen, que doit se placer Texploit du «jTpa-cT.ycJç Philoclès (Polyaen., III, 16). a. Homolle {BCU., XV [1891], p. 137) et Holleaux (BCH., XVII [1893], p. 62 sqq.).

Qoo^ç:

PTOLÉMÉE DANS L^BCHIPEL 63

et de Myndos. C'est de là qu'au printemps suivant (308), Ptolémée partit avec sa flotte pour le Péloponnèse. Il est diflScile de pénétrer les motifs qui imprimaient aux actes de Ptolémée cette allure, assez capricieuse en apparence. Il semble qu'il restait à portée de la Carie pour inquiéter Antigone, et de Cypre pour prévenir quelque entreprise facile à tenter par un ennemi maître de la Cilicie et de la Syrie. Dès lors, on ne voit pas très bien pourquoi il sentit tout à coup le besoin d'aller « délivrer » Corinthe et Sicyone des mercenaires qui s'imposaient plutôt qu'ils n'obéissaient à Cratésipolis, la bru de Polyperchon, alors veuve d'Alexandre et acharnée à venger sur les Sicyoniens le meurtre de son mari *. Cependant, la suite des événements montre que Ptolémée ne se désintéressait pas tout à fait de ce qui se passait en Grèce. Là, l'anarchie était complète : les trahisons, les volte-face changeaient à tout propos les forces respectives des partis. Ptolémée s'avisa sans doute que tous les potentats du moment y avaient leur parti, sauf lui, et que l'occasion était bonne pour s'en faire un en prenant l'étiquette commode de libérateur, libérateur tout au moins des villes qui n'appartenaient pas à son allié Cassandre. Rien ne serait compromis en son absence du côté de l'Asie, puisque, maître de la mer, il était libre d'y revenir au premier signal.

Il commença par délivrer, chemin faisant, l'île d'Andros ', où Polémée avait dû laisser garnison, et il lui rendit le droit de battre monnaie, que lui avait enlevé jadis l'hégémonie athénienne. Ce fut le premier jalon planté sur la voie qui, patiemment suivie par la politique des Lagides, devait aboutir à la constitution d'une <c commune des Insulaires » (xowov Tûv N7i<n(i)Tûv) sous le protectorat égyptien. Ptolémée ne manqua pas de délivrer aussi le centre nécessaire de cette Ligue, Délos, qui était depuis près de deux siècles sous la

1. Diod., XIX, 67, à la date de 314. XX, 37. Polyaen., VIII, 58.

Page 1