PTOLÉMÉE !•' SOTER ROI D^ÉGYPTE
§ I. — La lutte contre Antigone (306-301). — Tentative d'invasion en Egypte (306-305). — Antigone se retourne contre les Rhodiens : siège de Rhodes par Dépiétrios Poliorcète (305-304). — Ptolémée sauveur (Soter) de Rhodes. — Démétrios Poliorcète libérateur de THellade : la « Guerre de quatre ans » (305-302). —Coalition (Séleucos, Lysimaque, Cassandre, Ptolémée) contre Antigone : abstention effective de Ptolémée. — Antigone vaincu et tué à Ipsos (301).
§ II. — La question de la Cœl^-Syrie (301-286). — Ptolémée réduit à une portion de la Syrie méridionale. — Alliance entre Ptolémée et Lysimaque, qui épouse Arsinoé (Philadelphe). — Démétrios Poliorcète en Cœlé-Syrie ; à Athènes ; enfin, roi de Macédoine (294). — Ptolémée reprend Cypre (295) . — Coalition contre Démétrios. — Démétrios, détrôné par Pyrrhos d'Épi re (287), reste en possession de la Grèce. — Expédition en Asie et captivité de Démétrios (286) : sa mort (283) .
§ III. — La question de succession. — Ptolémée (Kéraunos), fils d'Eurydice, déshérité au profit de Ptolémée (Philadelphe), fils de Bérénice. — Ptolémée (Philadelphe) épouse Arsinoé (I), fille de Lysimaque, et reçoit le titre de roi, comme associé au trône (285). — Mort de Ptolémée Soter (283).
Antigone s'était fait roi : mais ce n'était pas pour être imité qu'il avait donné l'exemple. Il comptait bien être le seul roi et Tunique successeur d'Alexandre. S'il courait sus jadis à ceux qui voulaient l'empêcher d'être souverain dans son lot, il entendait maintenant reprendre les bonnes traditions pour son compte et imposer sa suzeraineté à ses
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anciens alliés et rivaux, devenus ses inférieurs. Sans perdre de temps, il fit en Syrie d'immenses préparatifs pour une invasion de TÉgypte. Une armée de plus de 80,000 hommes d'infanterie, 8,000 cavaliers et plus de 83 éléphants *, qu'il devait conduire lui-même ; une flotte de 150 vaisseaux de guerre et de 100 bâtiments de transport, chargés d'artillerie de siège, agissant de concert sous la direction de Démétrios, allaient assaillir, étreindre, terrasser enfin cet opiniâtre Lagide, qui s'obstinait à braver plus fort que lui. Antigone n'avait pas oublié qu'il avait un désert à traverser. Quand l'armée, concentrée à Antigonia, fut arrivée à Gaza, « il ordonna aux soldats de se munir de vivres pour dix jours et fit charger sur les chameaux fournis par les Arabes 130,000 médimnes de blé et une masse de foin pour les quadrupèdes * ». Mais le succès ne répondit pas à la grandeur des préparatifs. Toujours impétueux, et, cette fois, pressé d'abattre Ptolémée avant que celui-ci eût le temps de réparer ses pertes, il avait cru pouvoir se lancer dans cette aventure à l'approche de l'hiver % au moment où la crue du Nil devait rendre le passage plus difficile à l'armée de terre et où la mer était inclémente. Antigone, après une marche pénible à travers les marécages de la côte, fut arrêté, comme autrefois Perdiccas, par le bras de Péluse, par ce « mur immortel » dont la nature a pourvu l'Egypte * : la flotte,
1. Diod., XX, 73. On sait que les historiens aiment à grossir les chiffres, surtout quand il s'agit de rendre plus frappante la déception infligée à un ambitieux par la « Fortune ».