‹ Histoire des LagidesChapitre 74 sur 258 · Theocr., XVII, 130 sqq · texte numérisé non relu

Theocr., XVII, 130 sqq

3. Justin., XVI, 2, 7-9. Cf. Ps. Lucian., Macrob., 12. Appian., BX.^ I, 108.

l'abdication de ptolémée soter 99

tenta pas d'associer son fils à Texercice du pouvoir, comme le faisait en Syrie Séleucos : après avoir exposé ses raisons au peuple d'Alexandrie, qui y répondit par des acclamations, Ptolémée abdiqua et rentra dans la vie privée. L'historien ajoute, se faisant en cela l'écho de quelque légende fabriquée après coup, que le vieux roi démissionnaire « prit du service parmi les gardes de son fils, estimant qu'être le père d'un roi était plus beau que tous les trônes du monde »• On se demande ce qui se cache sous cette fade rhétorique : peutêtre la désapprobation du peuple, qu'il fallut ramener par des harangues sentimentales, ou les murmures de l'entourage, que le vieux monarque voulut décider, par des démonstrations insolites, à respecter son œuvre. La légende est bien faite pour toucher les âmes sensibles ; mais même le postulat qui l'a engendrée ne peut être accepté sans réserves. Il est certain que Philadelphe fut roi à partir de 285/4 * ; mais il pouvait l'être comme associé, et non substitué, à son père '.

1. Il se trouva probablement un astronome courtisan du nom de Denys {Dionysius a Philadelpho missus. Plin., VI, 58 î), qui affecta de dater ses observations de Tavënement du nouveau roi. L*ëre xotTà AioviSviov,* citée par Cl. Ptolémée dans VAlmageêle, disparaît après 241/0, au moment des réformes de Ptolémée Ëvergète (ci-après, pp. 265-266. 270).

2. Le Canon des Rois (de Cl. Ptolémée] fait commencer le règne de Ptolémée II au 2 nov. 285 = l«'Thoth de 01. CXXIII, 4; et Porphyre {FHG.y lll. p. 719) insiste pour que les deux années 285-284 soient retranchées au règne toO icpc&tou nto^tfxaCou, Sv 22oTfipa licixaXouv. Mais cette insistance prouve que tout le monde n'était pas de son avis (Cf. Clinton, III, p. 379). Plutarque (ForL Alex,, II, 9) assimile le cas de Philadelphe à celui d'Ântiochos !•', qui régna conjointement avec son père. Le scoliaste de Théocrite (XVII, 41) ne parle que d'association : Çûv yàp Ixi 6 2^1)7);^ Ixoivo'icotv^fft t*^ «friXaSA^ip ti^v pagi^Cav, et plus loin, xoivwvàv Tfiç ^px^i "^^v *tXdl8tXfpov hcovt\97Lxo. Strack (p. 25) allègue contre la thèse de Fassociation une nouvelle inscription phénicienne de Lamax Lapithou où figurent les dates de Tan 1 et de Tan XI m du Roi des rois Ptolémée, fils du Roi des rois Ptolémée », la dernière correspondant à Tan XXXIII de Tère de Upithos (Ph. Berger, inRev, Crit., XXXVII [1894], p. 154). Il resterait à prouver que Tan I correspond bien à 285/4. Or, cette ère de Lapithos est inconnue, et c'est pure conjecture que d'en placer le début en 307. Après mAr examen, Clermont-Ganneau {Vinêcriplion phénicienne de Namaka, in Études d'archéol. orientale, 11 [1897], p. 159-181) substitue à Ptolémée Philadelphe soit Ptolémée VI Philométor, soit plutôt Ptolémée X Soter II (voy. ci-après, ch. xn). Le fait que, vers 270, les Athéniens appelaient le défunt Ptolémée I*'' t6v ^z^OÀa t6v icptoCt^Tepov I]xoXs|iatov

100 CHAP. ni. — PTOLÉMÉE I*' SOTER ROI d'ÉGYPTE

Cependant, l'association au trône étant un procédé connu et n'ayant point été considéré ailleurs comme entraînant Tabdication du père, il faut admettre que Ptolémée affecta de se conduire comme s'il avait réellement abdiqué. Il dut mettre quelque ostentation à se désintéresser des affaires publiques et à renvoyer les solliciteurs au soleil levant.

Il voulait que ce successeur illégalement institué prît de son vivant pleine possession de l'autorité, de façon à décourager toute opposition ultérieure. Il est possible, et même probable, qu'il entoura d'une certaine solennité, d'un cérémonial extérieur, cet avènement du co-régent *. Enfin, ce qui explique le mieux Thésitation ou la méprise des historiens, c'est le mariage de l'héritier présomptif, qui dut être la maîtresse pièce de la combinaison imaginée pour assurer la transmission du pouvoir. Suivant la coutume égyptienne, le pouvoir appartenait toujours à un couple de sang divin, assorti par une espèce d'union sacrée, qui, réellement ou par fiction légale, commençait à l'avènement du roi. En donnant à son héritier présomptif une épouse de sang royal, Ptolémée faisait de lui un roi complet et était censé l'introniser du même coup *. Ce mariage conférait au fils de Bérénice une possession de fait que ne pouvait plus lui contester le fils d'Eurydice, disqualifié par le fait qu'il n'avait point d'épouse légitime de sang royal *.

(C/i4., II, 331, lig. 29) pour le distinguer de son fils n'est pas un argument pour ou contre : il ne prouve absolument rien, sinon que les Athéniens ne connaissaient pas ou n'employaient pas le prédicat £(i>Tf.p. Plutarque {Cleom., 33) emploie la même expression pour distinguer Ptolémée Évergëte de son successeur Philopator.

1. Voy. ci-après une des hypothèses émises au sujet de la icojiicifi de Callixène (p. 156, l),quon avait pu croire célébrée du vivant de Ptolémée Soter. L'hypothèse s'est trouvée démentie, mais la présomption était plausible.

2. 11 est à peine besoin d'avertir — il faudrait le faire à chaque instant — que je table sur une hypothèse. Nous ne connaissons la date ni du premier (ci-dessus, p. 94, 2), ni du second mariage de Philadelphe (ci-après, p. 160-163). Champollion proposait pour le premier 281 (date acceptée encore parHaeberlin, Ehrlich et autres : cf. ci- après, p. 160, 4). On peut rappeler, à ce propos, que le Séleucide Antiochos l«^ devint roi associé en épousant Stratonice.

3. Ptolémée Kéraunos avait une fille, qui épousa Pyrrhos d'Épire en 280

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