‹ Histoire Des LettresChapitre 7 sur 10 · FÉLIX · texte numérisé non relu

FÉLIX

A la mort.

POLYEUGTE.

A la gloire.

Mais pourquoi citer ces merveilles qtie tous les enfans savent par cœur depuis deux siècles?

Il y a sans doute dans cette tragédie des défauts de détails; maison peut dire qu'il n'y en a qu'un seul qui nuise véritablement à l'effet général, c'est ce personnage de Félix presque toujours insignifiant et parfois très-ridicule. Tous les critiques ont été d'accord à ce sujet et H y aurait de l'aveuglement à les combattre.

Le génie de Corneille déclina en produisant la Mort de Pompée : ici l'action n'a plus d'unité , c'est un monument formé dé parties incohérentes , qui rappelle ces églises , travail de plusieurs siècles, où tous les styles d'architecture se mêlent. Le grand poète redevient ici un déclamateur de mauvais goût. Il fait jouer à César un rôle peu digne ; le personnage de Cléopâtre est une création tout aussi malheureuse. Cette pièce ne se donne plus depuis long-

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temps. Le rôle deCornéiie fit seul le succès de l'ouvrage : c'est un caractère plein de noblesse ; la douleur de la \euve de Pompée est exprimée avec une majesté religieuse qui fait songer à Sophocle, que cependant Corneille semble avoir peu étudié.

Il était dans la destinée de notre grand poète d'initier la France à la comédie comme il l'avait initiée à Fart tragique. Le Menteur , qu'il emprunta à Lope de Yega , comme il avait emprunté le Cid à Guilhem de Castro , n*est pas la comédie, de caractères que créa Molière un peu plus tard avec un génie que l'on ne sait plus comment louer; mais c'est cependant Taurorede ce genre de compositions dans lequel nul peuple n'a égalé la France. C'est dans lé Menteur , dit Voltaire , qu'on entendit pour la première fois sur la scène la conversation des honnêtes gens. On sait ce que voulait dire ce mot alors. Cette imitation de l'espagnol eut un immense, succès ; quand Molière vint, on s'aperçut que la pièce manquait de comique ; mais le rôle de Dorante soutint l'ouvrage qui resta au théâtre. La suite du Menteur eut moins de bonheur. Corneille revint bientôt à son genre favori par la tragédie de Bodogune qui fut jouée en ^644. C'était l'œuvre de prédilection de Corneille. Cependant il faut convenir que les premiers actes sont languissans ; que ces deux jeunes princes amoureux tous les deux de la même femme expriment ordinairement leur amour d'une façon bien ennuyeuse et bien fade ; et que cette

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