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HISTOIEE DES INSTITUTIONS NATIONALES

rintimité des vieilles libertés liég*eoises », comme dit M. De Decker, avait publié diverses études sur la commune de Liège ; la Chambre des représentants avait voté la publication d’un recueil de documents relatifs à nos anciennes assemblées, dont M. Gacbard lui avait tracé le plan dans ses Lettres aux queste^urs (1841); Fr. Thimus avait ouvert son traité de droit public par un Précis de notre histoire constitutionnelle (1844-1848) ; MM. Henne et Wauters avaient consacré une partie de leur Histoire de Bruxelles aux institutions du Brabant, et Defacqz commençait son savant livre sur V Ancien droit lelgique (1846). Les publications de cette commission auraient fait l’objet du IX® chapitre de l’histoire de Warnkœnig. Elles complètent la série de documents comprise dans le L^iyster van Brabant, les Placards de Flandre et tant d’autres recueils des siècles précédents.

'D’ahord, l’esprit de patriotisme avait entrevu la concordance de ces institutions dès l’origine et leur persistance à travers les siècles, dans les communes du nord de la France, de la Belgique et des provinces rhénanes. Toutes les études confirmeront ces sentiments. En 1839, Reiffenberg avait conçu, sans l’exécuter, une histoire des Belges où il aurait « essayé de faire voir que, malgré le provincialisme qui les a détachées les unes des autres, malgré les différences de langage, de mœurs et d’intérêts, il y a, dans les populations qui habitent la Belgique, des traits généraux de caractère qui constituent une nationalité et que le temps ni les révolutions n’ont eu le pouvoir d’altérer ». — En 1851, en décernant pour la première fois le prix quinquennal d’histoire, le jury, par l’organe de Moke, parlait de même : « Parmi nous, les institutions politiques semblent surgir le plus souvent de causes locales : chaque province a ses propres lois, chaque ville ses libertés distinctes, et la vie commune, loin de résulter de l’action suprême et incessante d’un pouvoir dominant, consiste, au contraire, dans les rapports généraux de caractère, de tendance, de mœurs et de civilisation qui rapprochent graduellement des populations indépendantes. L’unité qui succède ainsi à leur isolement n’est point imposée ni subie, elle naît de la force des choses par le développement régulier d’élé-

SCIENCES HISTOEIQUES, MORALES ET POLITIQUES

ments similaires. » On ne pouvait mieux dire. De 1852 à 1857, étudiant, dans des lectures à la classe des lettres, notre droit constitutionnel, M. Leclercq eut soin d’en marquer l’origine nationale : « Si la forme est nouvelle, exotique même, le fond est antique comme le peuple belge et se trouve dans toutes ses chartes... Ce qui n’en sort pas directement en est le développement naturel ou y a été retrempé et y a contracté les qualités distinctives de cette terre de liberté. » Un autre de nos magistrats et de ces esprits qui, par la culture en soi de ce que Dante appelle le bien de la pensée, méritent le nom de lettrés dans la belle signification qu’on lui donnait jadis plus qu’aujourd’bui, M. Ch. Faider, a consacré, comme procureur général, plusieurs de ses discours d’installation de la cour de cassation à de hautes questions de droit public. M. Alph. Leroy a eu un mot heureux pour définir ces pages de l’un et de l’autre; il y voit exprimée « la philosophie du Congrès », et le mot pourrait s’appliquer aux mercuriales de M. Raikem à Liège.

Mais d’où nous venaient ces traditions? L’origine des communes a soulevé des opinions qui se heurtent, comme dans ce chaos d’où sortit le monde moderne. Avant 1830, MM. Jules Van Praet et Octave Delepierre repoussaient déjà le romanisme, qui de l’Allemagne avait passé en France et de Savigny à Guizot. Ceux de nos livres qui le soutenaient n’existent plus. La science européenne a extirpé de nos fastes cette théorie, non sans mettre à la place des opinions contraires, qui ne peuvent s’exagérer qu’en devenant aussi contestables.

Le système le plus radical est celui de M. P. -A. -F. Gérard, écrivain ardent à la polémique, ennemi de la routine, lui préférant le paradoxe, et chaud partisan du plus pur germanisme. En 1842, il avait publié deux volumes Rapédin s de Berg et son temps. Toute sa vie, il combattit l’école romaine et chrétienne. Dès 1845, il publie la Barharie fmnke et la civilisation romaine, titre dont l’ironie rentre dans le genre du pamphlet; en 1848, 1849 et 1850, il donne ^Histoire des races Immaines, — la Liberté et son influence sur les destinées politiques de V Europe, — puis, laissant l’ironie : le Socialisme

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