‹ Histoire des lettresChapitre 141 sur 206 · AOUL DE HOUDAN · texte numérisé non relu

AOUL DE HOUDAN

De ces diatribes ou de ces pitreries, il est difficile de dégager la moindre leçon morale. Raoul de Houdan au contraire ne se propose rien de moins que d'acheminer son lecteur vers le Paradis et de le détourner de l'Enfer en lui décrivant les deux voyages qu'il a faits lui-même en des songes salutaires (i). De l'un la première étape est la cité de Convoitise, où le voyageur, logé chez Envie, rencontre Tricherie, Avarice et Rapine, les dernières. Désespérance et Mort Subite. En suivant l'autre voie, on est hébergé par Grâce, convoyé par Pénitence et Soupir jusqu'à la demeure de Contrition et Confession : un long hors-d'œuvre nous fait assister à l'inévitable combat entre les Vices, qui veulent

barrer la route au pèlerin, et les Vertus qui volent à son secours (2). Les deux poèmes se terminent, comme il convient, par une description de l'enfer et du paradis. On a donc pu faire figurer Raoul de Houdan parmi les précurseurs de Dante ; mais la communauté des sujets ne nous fait que mieux mesurer la distance qui sépare im versificateur ingénieux, dépourvu de toute idée personnelle, d'un poète de génie animé par une ardente passion.

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