RENART SUR LA ROUE DE FORTUNE
DE SAINT LOUIS A PHILIPPE DE VALOIS
Mais ce qui l'indigne par-dessus tout, c'est de voir que l'Église souffre du même mal que l'État. Dans le Couronnement, Renaît se partage entre les Jacobins et les Mineurs, auxquels il prodigue ses conseils et qu'il réconcilie enfin ; chez Gelée qui reprend et développe ce thème il repousse les avances des deux ordres rivaux, mais leur offre ses fils, Renardel et Roussel, qui sont aussitôt élevés aux suprêmes honneurs. A la fin du poème, ce sont les Templiers et les Hospitaliers qui plaident auprès du pape pour être gouvernés par lui : il les met d'accord en revêtant une robe mipartie, et en assumant la direction des deux ordres. Une bonne partie du second livre est consacrée à la description des deux nefs symboliques qui portent les deux adversaires et leur fortune : celle de Renart, dont le mât est de Tricherie, la voile de Perfidie (et ainsi de suite) et qui cingle droit vers l'enfer, a pour équipage des ecclésiastiques de tout rang, séculiers et réguliers, avec, à leur tête, le sacré collège et le pape lui-même, qui tient le gouvernail; la satire du clergé,
qui, dans le Couronnement, n'occupait qu'une
RENARDEL ET ROUSSEL.