UN MEETING POLITIQUE AU XV^ SIECLE
« moyenneresse de paix entre les deux princes » (Lettre a la royne ma dame Ysabel) ; en 1410, quand la guerre eut éclaté, et comme s'il en était temps encore, elle adjurait le duc de Berry de jouer le même rôle (Lamentation sur la guerre civile) ; en 1412 et 1413, trop confiante dans les accords précaires d'Auxerre et de Pontoise, elle félicitait le dauphin Louis, duc de Guyenne, d'avoir rétabli la paix, et, lui traçant un plan de gouvernement, remettait sous ses yeux à chaque page les exemples de son aïeul, le sage roi Charles.
Pénétrée de reconnaissance envers Louis d'Orléans, inféodée à son parti, la douce Christine n'est pas tendre pour les Bourguignons et les démagogues sur qui ils s'appuient : plusieurs chapitres du Livre de Paix, pleins de transparentes allusions, insistent sur (( le péril que c'est de donner à menu peuple plus autorité qu'il ne lui afiert » ; de lui confier « les charges et estats de la cité ». Le tableau qu'elle trace des assemblées populaires est une véritable charge :
« Que oiides tu que ce soit, d'un malostru qui tout à coup cuide devenir maistre? Mais que il se herice bien au visage, a tout un pic en sa main, jurant laidement et menaçant chascun, trop bien cuide
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IlIST. NATION FRANÇAISE. — LETTRES 1.