ÉCITS PLAISANTS OU GRIVOIS; LE CONTE ET LA NOUVELLE
Le réalisme, si marqué dans les Quinze Joies de
Mariage et le Petit Jehan de Saintré, est à peu près absent du conte et de la nouvelle facétieuse, dont le seizième siècle est l'âge d'or. Ce qui y domine en effet c'est l'esprit gaulois, bien moins préoccupé de reproduire fidèlement la réalité que d'en faire ressortir les côtés vulgaires et comiques, et de provoquer par ce moyen une facile et superficielle gaieté.
NICOLAS DE TROYEs C'est l'uniquc
but que se propose Nicolas de Troyes, « simple sellier, natif de Troyes en Champagne, demorant à Tours », qui commença, en mai 1535, à former un recueil de contes, auquel il donna le titre ambitieux de Grand Parangon des Nouvelles nouvelles. Il en empruntait la matière soit aux livres qui lui tombaient sous la
(i) Cet enthousiasme, dès le règne de Henri II, était partagé par toute la cour. « Si quelqu'un, écrit La Noue, les eust voulu alors blasmer (les livres d'Amadis) on lui eust craché au visage, d'autant qu'ils servoient de pédagogue, de jouet et d'entretien à beaucoup de personnes. »
(2) La première édition du Trésor, faite d'après les douze premiers Uvres, est de 1559 ; les Discours des treize livres d'Amadis (157^) ont six cents pages ; le Trésor de tous les livres d'Amadis (1605) forme deux volumes. Le « bon esprit », dit l'éditeur, doit y trouver « moyen et grâce de parler de tous affaires et pourra le tout proprement accommoder et adapter selon les occurrences ».