MAISON NATALE DE RABELAIS, A LA
enfants d'un petit bourgeois de Chinon, qui devinière, près chinon.
le fit entrer tout jeune, sans doute pour avantager ses aînés, dans l'ordre de Saint-François; il fit probablement son noviciat à La Baumette, près d'Angers, puis passa une douzaine d'années à Fontenay-le-Comte, en Poitou, où il reçut la prêtrise. Ce qui est inexplicable, c'est que dans cet ordre, de tous le plus pauvre et le plus hostile à la science, et dans ce très modeste couvent, il ait pu, évidemment contre la volonté de ses supérieurs, satisfaire un goût presque maladif pour l'étude, apprendre le grec et l'hébreu et se rendre digne d'entrer en correspondance avec
des savants illustres.
comme Budé. En 1523, inquiété à l'occasion de livres suspects trouvés dans sa cellule, il s'enfuit, et l'année suivante obtint la permission de passer dans l'ordre de Saint-Benoît, à l'abbaye de Maillezais; mais peu après il jette le froc aux orties et trouve un asile à Ligugé, dans la maison de campagne de l'évêque de Maillezais, le jeune Geoffroy d'Estissac, devenu son ami et très zélé protecteur. Il se met alors à étudier la médecine, et fait un véritable tour de France universitaire; bachelier en 1530, il ne prendra le doctorat qu'en 1539; dans l'intervalle, il avait été (1532) médecin d'hôpital à Lyon, où il connut Despériers, Dolet, Maurice Scève et peut-être Marot, et fait à Rome (1534, 1535-36) deux voyages, comme médecin attaché à la personne de Jean du Bellay, alors ambassadeur auprès du Saint-Siège; le 18 janvier 1536, il obtient de Paul III l'autorisation de reprendre la robe de bénédictin et d'exercer la médecine; en 1539-40, il fait un nouveau voyage outre-monts, à la suite de Guillaume du Bellay, frère de Jean, vice-roi de Piémont. En 1546, craignant d'être poursuivi à l'occasion de son troisième livre, pour lequel il avait cependant obtenu un privilège, il fait une fugue à Metz ; mais il avait su se créer des appuis dans les puissantes maisons de Châtillon et de Lorraine, et bientôt, grâce à la protection du cardinal Odet de Châtillon, il peut rentrer à Paris, et obtient