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(i) Voy. A. Lefranc, les Grands écrivains de la Renaissance, p. 251, et plus haut p. 552. (2) Voy. A. Lefranc, les Navigations de Pantagruel, Paris, 1905.

bolique : il s'agit de savoir en effet si l'homme a des raisons suffisantes pour se déterminer ou s'il ne doit pas remettre son sort entre les mains du hasard. Panurge consulte successivement (et cette énumération n'est pas complète), les « sorts virgiliens », les songes, une sibylle, les principaux représentants du savoir humain, un théologien, un médecin, un légiste, un philosophe — auprès desquels il ne trouve qu'incohérence et contradiction — un fou, dont le geste énigmatique paraît le renvoyer à l'oracle de la dive bouteille.

Ce sont les pérégrinations entreprises à la recherche de cet oracle que nous décrit le « quart livre » (complet en 1552, mais dont onze chapitres avaient paru en 1548) ; chacune des îles où touchent les navigateurs est ime allégorie représentant un vice ou une folie ou de l'humanité en général, ou de la génération actuelle. Les allusions sont parfois plus obscures, mais on sent qu'elles ont plus de portée : dans les îles des Chicanoux, de Carême-Prenant et des Andouilles, des Papefigues et des Papimanes, il est impossible de ne pas voir que Rabelais prend à partie, en les maltraitant également, les magistrats, les protestants et les catholiques. Ces hardiesses passèrent si peu inaperçues que le Parlement, en dépit du privilège royal, interdit la vente de l'ouvrage un mois après sa publication.

Dans le cinquième livre (dont les seize premiers chapitres parurent en 1562 et l'ensemble en 1564) la satire est encore plus violente, mais moins gaie. Les attaques contre le clergé catholique et les magistrats (dans les épisodes de l'Ile Sonnante et des Chats fourrés) y revêtent un tour sarcastique et haineux ; les tendances protestantes, étrangères au « quart livre », y sont évidentes, de même que des réminiscences, des imitations, presque des plagiats des livres antérieurs (i). On a donc pu conclure que s'il y a dans ce cinquième livre quelques pages authentiques, elles ont été noyées dans une contrefaçon où on ne retrouve ni les idées ni le tour d'esprit de l'auteur. N'essayons donc pas de déchif&er l'énigmatique oracle de Bacbuc : il n'est pas certain en effet que ce soit la pensée de Rabelais qui y est enfermée.

(i) Voy. J. Plattard, Uinvention et la composition dans Pœuvre de Rabelais (Paris, 1909). De l'édition, admirablement commentée, entreprise sous la direction de M. A. Lefranc, deux volumes seulement ont paru (Paris, 1912-1913).

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