Sous Ramsès II
Tels furent les coinineiicements incertains de la civilisation dans le monde oriental, avant la grande mêlée des peuples (Egyptiens, Phéniciens, Phrygiens, Assyriens), qui précède la domination des Perses.
Loin de ces nations, et sans rapports avec elles, les habitants du Céleste Empire et ceux des bords du Gange — peut-être aussi les populations inconnues qui, sur les hauts plateaux de l'Amérique centrale, préparaient un héritage de civilisations demibarbares aux Aztèques et aux Quichuas ^ — poursuivaient leurs phases inégales de progression.
Alors que les deux groupes égyptien et chaldéen, formés à la pointe du Delta et au fond du golfe Persique, préludaient à l'éducation du vieux monde occidental, les ancêtres des Chinois, les clans familiaux, répandus le long du Hoang-ho et de l'immense Fleuve Bleu, accomplissaient la même œuvre d'initiation pour leur propre compte, dans les régions de l'extrême Orient. Deux mille ans avant la naissance de Moïse, vingt siècles avant qu'apparût, dans l'histoire, ce chef théocratique de six cent mille nomades, idolâtres et cruels, la Chine isolément remplissait le rôle qui avait été dévolu, en Asie, aux peuples du Nil et de l'Euphrate".
Enfermée dans le culte des traditions, qui com-
1. Voir Ch. Letourneau, Psychologie ethnique (Bibliothèque des sciences contemporaines).