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André Lefèvre, l'Evolution historique

mencent avec le légendaire Fou-hi, elle était dès lors comme une seconde humanité évoluant à l'insu de la première. A une époque extraordinairement reculée, encore voisine de celle où les « Cent familles )), dites « aux cheveux noirs )), à peine sorties de leur berceau dans les monts Kouen-Lun, pour lentement défricher le vaste Empire du Milieu, refoulèrent devant elles les populations tibétaines (Miao-Tseu), Tsang-Ki inventa les caractères.

Les primitifs dont les hordes errantes furent la souche de l'immense ao^orlomération chinoise étaient partis d'un état sauvage et grossier; ils n'avaient connu que tardivement l'usage du feu ; et, tels que les Australiens ou les Boschimen, ils se nourrissaient de racines et d'insectes^. Ils s'attachèrent aux soins du sol , s'habituèrent, avec la suite des générations, à des conditions d'existence ordonnées, à une sorte de discipline sociale régulière, d'où se dégagea le type national; et ce type, cette seconde nature, ne varia plus que faiblement à travers les siècles, et resta l'expression caractéristique de la race chinoise. Une civilisation considérable s'était formée d'elle-même en plein habitat mongolique.

Aux commencements de leur histoire, — très riche de promesses dont beaucoup, malheureusement, n'allèrent pas au delà de leur réalisation momentanée, — les Chinois se signalèrent par un esprit inventeur et méthodique à la fois, par une intelligence promptement compréhensive des choses

1. Cf. Pricliard , Histoire naturelle, Ihomme primitif, t. I", p. 309 ; Gh. Letourneau, la Psychologie ethnique (1902).

nécessaires à instituer ou à découvrir pour les besoins et l'embellissement de la vie. Ils se créèrent un art, une littérature, une industrie, puis jnoèrent, arrivés là, c^u'ils étaient assez pourvus, assez outillés pour la suite des âges, qu'ils n'avaient plus à se modifier, à progresser, h se développer, consacrèrent par des rites sacro-saints les résultats acquis, prohibèrent les innovations, et s'immobilisèrent jusqu'à nos jours sur ce fond d'inventions qui avaient précédé celles de tous les autres peuples.

La littérature chinoise avait des inscriptions, des livres, alors que les autres nations éclairées étaient réduites à confier à la mémoire seule leurs lois et leurs léoendes. f

Mais le foyer le plus brillant et le plus étendu de la civilisation orientale a été l'Inde, — l'Inde antique, dont la préhistoire commence avec l'établissement des Dravidiens.

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