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Entre ceux-là Orphée demeura le personnage légendaire par

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Musée. La plupart sortaient de la Piérie, de la Thessalic, de la Béotie et de l'Attique.

Mais leurs figures se perdent dans une brume encore trop indistincte.

Voici venir des générations nouvelles.

Des Etats se sont fondés, des peuples rivaux se sont fait la guerre; la Grèce a vaincu ceux qui prétendaient l'asservir; des héros sont nés, et avec eux la poésie héroïque.

Une juvénile passion belliqueuse avait échauffé le courage des Grecs, ambitieux d'aller choquer leurs armes sous les murs d'Ilion la Grande. Thamyris le Thrace, Phémius, que cite Homère, Dcmodocus le Phéacien (l'aède inspiré que les poursuivants de Pénélope forçaient à chanter dans leurs banquets), préludèrent, par de merveilleux récits, aux inventions de l'épopée. L'hymne des mythes orphiques s'évanouit pour faire place aux énergies viriles de leurs récitations. Sortis du sanctuaire, les aèdes commencèrent à se répandre dans la vie de tous. Ils ne glorifièrent plus seulement les dieux, mais aussi les personnages humains dignes de leur être comparés, les héros, les grands événements politiques.

Jusque-là divisée, morcelée, sans cohésion, la Grèce avait, un jour, compris la nécessité d'unir

excellence. Sous son nom, longtemps après lui, se fonda un système théologico-pliilosophique, qui avait pour base le culte de Bacclius. On vit poindre, vers le milieu du vi° siècle, cette secte théurgique et mystagogique ; elle prétendait se rattacher par une , chaîne non interrompue à l'aède de Piérie et posséder le dépôt authentique des doctrines du maître. Elle eut ses poètes, tels que Cercops et Onomacritus. Les débris de l'école orphique sont dispersés au travers du recueil dhymnes et de poèmes qui portent le nom d'Orphée.

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ses forces dans une même entreprise, sous la conduite de ses rois. Elle eut, de ce jour, véritablement conscience de sa vie propre, de ses destinées. Et Vlliade se manifesta comme le pacte d'alliance de la nationalité hellénique.

\J Iliade, c'est Homère, — le créateur d'épopée, ayant derrière lui un passé très long, très rempli de gestation poétique inconnue. Quel fut donc cet ancêtre vénéré, qui, depuis trois mille ans, domine comme un dieu les sommets de la pente fertile « d'où le beau nous descend )) ? Quel était-il, cet homme dont les rois voulaient connaître la patrie par la voix des oracles, dont une dizaine de villes se disputaient l'honneur de l'avoir produit, et au sujet de qui le monde se divise? Après tant d'investigations, de commentaires, de paraphrases, aucune affirmation positive ne nous a répondu sur le lieu de naissance ni sur la date précise où il apparut, ni sur les particularités de sa vie, ni sur la composition de ses œuvres, ni sur leur mode de transmission. On n'ignore pas que, pendant trente siècles, les créations homériques ont présidé aux destinées de toutes les littératures, que le vieil Eschyle, Sophocle, Euripide, Virgile, le Tasse, Racine, s'en inspirèrent successivement, mais on n'a pas découvert les sources de ce puissant fleuve, d'où il a été possible de détourner un nombre infini de ruisseaux.

\J Iliade etV Odyssée furent-elles seulement l'œuvre d'un même poète, ou déjà ne résumaient-elles

point, selon la thèse de Yico et de Frédéric Wolf, une élaboration de plusieurs siècles? Tout est resté obscur dans la question homérique, sinon que VIliade est un des plus grands ouvrages de l'imagination des hommes, le magnifique résumé d'une civilisation, le type par excellence de l'épopée; que VOdf/ssce, moins héroïque, plus savante, plus ornée, est le modèle idéal du touchant et du beau simple, et que, réunies, elles semblent offrir au choix de l'esprit tous les genres de beauté.

L'attention s'attacha de prime abord à ces chefsd'œuvre. Le mérite en fut si promptement reconnu qu'ils se propagèrent bientôt dans toute l'Ionie. Longtemps les rapsodes allèrent par les villes et les assemblées, récitant les épisodes homériques et s'accompagnant de leur cithare. Soit qu'ils chantassent Ulysse s'élançant sur le seuil de son palais, se faisant connaître aux amants de Pénélope et jetant à ses pieds les armes qui vont le venger; soit qu'ils voulussent représenter les élans victorieux de Diomède ou la colère du terrible Achille fondant sur Hector, ou les malheurs d'Hécube et de Priam, la multitude les écoutait, frappée d'étonnement, et l'impression profonde qu'ils excitaient dans l'auditoire, avec les accessoires de costumes pompeux et de déclamation pathétique, les remplissait d'orgueil. Ils se figuraient investis d'une part de rovauté.

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