CHAPITRE VI
L'àg'e d'argent de la littérature latine. — Portrait de Trajan. — Rome à rapogcc de su domination. — Vno d'ensemble du monde connu, sous le règne de Trajan. — Déchéance rapide. — Les derniers âges des lettres grecques et romaines. — Alexandrie, métropole de l'Orient. — Les philosophes alexandrins. — Marche parallèle et rivale de l'alexandrinisme et du christianisme. — Le suprême effort du paganisme transformé. — Julien. — Au IV' siècle.
§ 1er,
C'est ainsi qu'aux beautés grecques de forme avaient succédé des beautés toutes romaines de pensée, et qu'à l'école virgilienne s'était substituée l'école stoïcienne. Les lettres romaines allaient se séparer encore plus des lettres grecques par l'énergie du sentiment imprimé aux œuvres ; et tout ce déploiement d'originalité correspondit aux dernières grandeurs de Rome, sous Trajan*.
Soldat depuis l'âge de quatorze ans, ce prince n'était pas un lettré : il suffisait à sa gloire de s'intéresser aux œuvres de l'intelligence et de les encourager sans les amoindrir. Trajan ne composait pas lui-même ses harangues; mais son jugement avait la sagesse de sa politique sobre et ferme. Sa personnalité impériale n'embarrassait pas les domaines de l'art d'une immixtion jalouse^, comme