‹ Histoire des littératures comparéesChapitre 26 sur 82 · Dubois-Guchan, Tacite et son siècle · texte numérisé non relu

Dubois-Guchan, Tacite et son siècle

2. Trajan employa à des ouvrages magnifiques l'architecte Apollodore, que fit mourir Hadrien.

LoLiÉE. — Litt. comp. 5

74 LITTÉRATURES COMPAREES

en donnera l'exemple aussi puéril que funeste son successeur Hadrien; mais il avait le goût des grandes choses, et il le communiquait aux travaux de la pensée, de la sculpture, de l'architecture, qui, sous son règne , atteignirent leur expression finale de pureté et de splendeur.

Laissant h chacun le droit de parler selon sa conscience, de juger et de maudire ses devanciers, comprenant que le procès fait aux mauvais princes, si rigoureux qu'il pût être, était encore le meilleur éloge des bons, cet empereur homme de bien émancipa les âmes. La littérature s'en ressentit profondément. Il y eut alors une soudaine explosion d'œuvres satiriques et vengeresses.

Réveillée du silence et du sommeil des proscriptions^ revenue des torpeurs d'une étouffante servitude, Rome voulut reviser par la flétrissure des oppresseurs l'histoire césarienne faussée par la crainte et par l'adulation. Elle rejeta de son sein cet amas de plaintes et ce poids d'indignation qu'avaient accumulés en elle quatre-vingt-cinq ans de tvrannie, depuis Tibère jusqu'à Domitien. Nul n'échappa à l'atteinte réparatrice de la vérité. Chacun put produire son témoignage ou son verdict au trilninal de l'opinion. C. Fannius apporta son livre sur les Victimes de Néi^on, dont Pline le Jeune nous a laissé le signalement. Avec une licence de plume égale à celle deProcope, Suétone fournit son accablante déposition sur les turpitudes et les débauches horribles d'un Tibère, d'un Caligula, d'un Néron. Juvénal laissa échapper l'ardent cri de co-

Page 1