‹ Histoire des littératures comparéesChapitre 35 sur 82 · De 754 à · texte numérisé non relu

De 754 à

2. Trad. franc, de Barbici' de Maynard, 7 vol. in-S". Les Prairies d'or de Mas'oudi furent écrites en l'an 332 de Ihég-ire (944 de J.-C). Bien que ce recueil ne soit que la continuation d'ouvrages malheureusement perdus, malgré des lacunes, des défauts, un manque complet d'ordre et de classification, c'est le livre le plus instructif de la polygraphie arabe. L'attention y est toujours tenue sous le charme par l'aisance du ton, le goût et la délicatesse des détails ; lettré, savant, érudit, Mas'oudi donne à l'histoire tout l'attrait de la fiction : c'est la chaîne secrète qui rejoint ensemble ses récits décousus.

les El Mamoun, les El Hakem II, avaient été pour les poètes de l'Orient ce que furent pour les artistes de l'Italie et de la France un Léon X et un Louis XIV.

Parallèlement, les princes des Maures, les émirs établis dans l'Espagne, n'épargnaient rien pour embellir le terrain de leur conquête. Ils faisaient de Cordoue, devenue, après Bagdad et Damas, au cours des dilTérentes émigrations du khalifat, la capitale des lettres, ils en faisaient une rivale de îa Mecque, une nouvelle et somptueuse capitale de l'Islam. C'était pour eux la cité sainte, la demeure des rois, des savants et des prêtres. De toutes parts accouraient les étudiants pour y suivre les leçons des ulémas et des docteurs. Des artistes édifiaient avec un long amour cette merveilleuse forêt de jaspe, de porphyre et de marbre : l'Alhambra, le plus précieux joyau de l'architecture arabe. A Tolède, à Grenade, ils revêtaient de splendeur les monuments et les mosquées. Le génie de la poésie et des arts s'épanouissait partout avec une abondance tranquille.

Moins de deux siècles avaient suffi pour transformer complètement les fanatiques disciples de INIahomet et les incendiaires supposés de la bibliothèque alexandrine. De 742 à 846, on vit cette civilisation prendre un développement extraordinaire et qui devait se continuer, malgré le démembrement du khalifat de Bagdad, jusqu'à l'époque de l'irruption des Turcs (1258). Dans les universités d'Alexandrie, de Kufa, de Bagdad, florissaient l'astronomie et la médecine. C'est alors que furent traduites en arabe les principales œuvres philoso-

pliîques et scientifiques des Syriens, des Perses, des Coptes, des Hindous et surtout des Grecs. De grands philosophes, des mathématiciens, des astronomes, des alchimistes, trouvaient, au terme de leurs recherches mystiques et imaginaires, des résultats positifs d'une extrême importance*; des grammairiens, des annalistes, des médecins, s'annoncèrent aux Arabes. Un ardent amour pour le savoir s'était éveillé en eux. Ils en parcoururent toutes les branches. Pendant que les Bvzantins étouffaient la science sous la théologie, que les Latins réduisaient tout Tart de ffuérir au svstème des cures par miracles, pratiques superstitieuses, attouchements de reliques, ils développaient sur des bases solides, retrouvées des Grecs et des Alexandrins, leurs études médicales. Ils avaient eu pour précepteurs les nestoriens et les juifs. En Asie, ils avaient subi l'influence des premiers, et en Afrique celle des seconds, la doctrine de l'unité de Dieu ayant été le point de contact commun.

Les juifs, en effet, possédaient depuis longtemps des médecins très distingués, que recherchaient les rois, les hauts seigneurs ou les princes de l'Église. Et les disciples de Nestorius, presque dès l'origine, s'étaient voués à l'étude de la structure et des maladies du corps humain.

Ceux-ci, h la suite de leur expulsion de Constantinople par Théodose le Jeune, grâce aux intrigues violentes de Cyrille et du parti égyptien, qui triomphèrent au concile d'Ephèse, avaient fondé

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