Ainsi, les acides forts et le feu automatique
l'école chaldéenne, élevé le collège d'Edesse et installé plusieurs centres d'études. C'est là que furent traduits en syriaque un grand nombre d'ouvrages grecs et latins, tels que ceux d'Aristote et de Pline l'Ancien, et ce fut grâce à eux que les académies arabes abondèrent bientôt en traductions des auteurs helléniques; que de vastes bibliothèques furent réunies en Asie, et que les Sarrasins en tirèrent les meilleurs résultats pour l'humanité entière, dans son âge de raison. Sous des formes parfois bien étranges, où les prestiges de la magie tenaient trop de place, ces derniers firent renaître la science expérimentale.
Peu d'événements littéraires ont été plus considérables que la transmission des principaux monuments de la science et de la philosophie grecque par les traductions du grec et du syriaque en arabe, qui s'accomplit de la fin du x® siècle au xii®, sous les auspices des califes. Ce fut à la faveur de ces traditions que l'Europe lettrée connut les écrits fondamentaux de toute science, dont on ne devait posséder les originaux qu'à l'époque de la grande Renaissance. Par leurs encyclopédies, par leurs versions nombreuses des livres helléniques sur la médecine et les sciences naturelles, les Arabes avaient servi de véhicule à une foule de notions qui se perdaient et dont le souvenir ne s'effacera plus. Brillante un moment, cette civilisation incomplète s'éteignit vite. Mais, en raison des clartésqu'elle propagea, elle fit œuvre de rénovation précieuse pour le reste du monde. Une ère nouvelle
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allait être inaugurée pour les destins d'une civilisation autrement résistante et durable; elle la fit entrer de plain-pied dans le mouvement scolastique, qui fut un des caractères du moyen âge et qui, malgré ses énormes lacunes, son étroit exclusivisme et ses visées spécieuses, prépara les temps modernes.