Stimmen der Vbiker in Liedern
toire de l'homme % de ses mœurs, de ses passions et de ses lois, les modifications de son éloquence, de sa poésie et de ses arts. Winckelmann, Lessing et Herder ont fait de la littérature allemande ce qu'elle va rester entre les mains d'un Gœthe et d'un Schiller : un mélange particulier d'art pur et de réflexion philosophique. Ainsi qu'aux jours les plus glorieux de la Renaissance, en Italie, tout éclate à la fois, tous les courants poétiques jaillissent ensemble du sol allemand.
Par une concordance merveilleuse, le génie de l'Allemagne, flexible et profond, a rencontré aussi l'âge des synthèses philosophiques et de la critique générale. Bientôt viendra Hegel, plein de confiance en sa doctrine embrassant l'enchaînement universel des choses et des sciences, Hegel, qui présentera cette doctrine au monde comme la philosophie absolue, dépassant toutes les autres philosophies, toutes les religions, tous les arts, livrant enfin le mot de l'univers. Cette métaphysique grandiose et flottante pourra s'épanouir côte à côte avec la « sympathie » rayonnante de Gœthe. Les horizons s'élargissent magnifiquement, pour le profit moral de l'Europe entière.
Tout cela se passait en Allemagne, dans une indépendance à peu près complète des faits extérieurs. Pendant que le sol germain tressaillait sous les pas des armées de Napoléon, que Vienne et Berlin subissaient en frémissant la loi du vainqueur, Weimar, la capitale d'un Etat très secondaire, Weimar, éclairée parles feux du génie, apparaissait
1. Ideen zur Philosophie der Geschichte der Menschheit, Riga, 1784-91, 4 vol.
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comme le centre radieux d'une vie idéale Tandis que les trônes volaient en éclats, et que s'exaspérait la flamme guerrière des Tvrtées de l'Allemagne : Arndt, Kœrner et Schenkendorf, Gœthe, dominant les passions nationales et les passagères rancunes du patriotisme, se tenait dans ces hautes et sereines régions de la pensée où ne pénètre point la haine de peuple à peuple, où l'on ne s'attache plus qu'aux grands intérêts de la science et de l'art^
Herder pouvait porter plus haut l'idée de l'humanité et de ses destinées morales; Schiller l'emporter par un plus grand essor dramatique et par la profondeur du sentiment; Hegel s'environner d'une gloire supérieure dans le ciel de la philosophie : Gœthe, comme poète et comme homme, était plus complet qu'eux tous, et en cela les dominait tous.
L'Allemagne n'arrêta pas, h travers le fracas des batailles, de développer son admirable évolution littéraire et philosophique. Successivement elle tira de son sein toutes les idées de notre âge critique. Qu'a-t-on fait depuis lors, sinon de les revivre et de les resservir sous la mobilité des formes"? Désormais, l'expérience et l'idée, la foi et le raisonnement, la théorie et la preuve, les entités