Th. Bentzon
resserres en un si court espace Je temps, pour revendiquer à bon droit une très large place au soleil des lettres. Et, sur le seuil du nouveau centenaire, William Dean Howels, Henry James, Bishop, Aldrich, Fawcett^ compléteraient à souhait la olorieuse liG:nce, car ils sont les auteurs des meilleurs romans écrits en ano-lais à la fin du xix® et au commencement du xx® siècle. L'Anoleterre est la première à l'attester. Elle en porte témoiirnaffe dans ses journaux et dans ses revues. Et l'aveu est d'autant plus remarquable qu'elle-même possède, concurremment, des romanciers de grande valeur, tels que G. ^Nlcredith, ce créateur subtil d'âmes féminines, et Thomas Hardy, cet analyste h la fois si romantique et si moderne.
Telles sont, en toutes choses, l'abondance et la rapidité d'expansion de la « société nouvelle », des Etats-Unis, le peuple énergique et débordant, dont les progrès gigantesques dans toutes les régions de l'activité humaine sont un des phénomènes les plus extraordinaires des temps modernes. L'ambition d'un tel peuple, fier d'avoir, en cent années, fourni toutes les étapes des civivisations les plus anciennes, ne connaît pas de bornes. Comme il a conquis, dans le monde, la première place financière, industrielle et commerciale, comme il a emporté, dans le domaine des sciences appliquées, une supériorité triomphante, il aspire avec la même intensité hâtive et tenace à s'arroger les suprématies intellectuelles, — plus difficiles h obtenir et à conserver^.
1. Nous pouvons leur adjoindre la vaillante Sud-Africaine, l'énergique soutien des populations opprimées : Olive Schreiner.