Alfred Fouillée
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du livre pour les ornements du sujet, et s'efforcer surtout, non pour émouvoir ou convaincre, mais pour répandre leurs pensées en fantaisie et leur style en étincelles^ Le génie de l'Italie, en somme, entraîne et séduit; il est brillant, mais superficiel, comme le caractère de son peuple. Sauf d'éclatantes exceptions, la nature aura souvent échappé h son regard dans ce qu'elle a de profond; et il n'a pas assez connu l'homme dans ce qu'il a d'intime et de vrai.
La littérature espagnole a sa profonde originalité. Ses poésies sont éclatantes d'images; elles respirent l'héroïsme et l'exaltation de l'âme; elles tendent à faction et aux grands sacrifices pour la religion et la patrie. Cette littérature, en revanche, a de graves défauts et de larges lacunes. Ses auteurs, longtemps effarouchés par les cachots de l'inquisition, entravés par les tendances exclusives de l'esprit national, se sont condamnés eux-mêmes à d'éternelles redites. Les anachronismes et le manque de couleur locale, tant reprochés au théâtre français du xvii^ siècle, ces défauts ne sont que véniels auprès de ceux des Espagnols. Trop exaltés par Schlegel et l'école romantique, Lope et Calderon sont loin d'avoir égalé Shakespeare. Le drame, au delà des Pyrénées, est tout à fait espagnol. Il se montre rarement philosophique et humain. Les habitudes de l'imagination méridionale repoussent en quelque sorte la méditation^ Ainsi a-t-on remar-