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Cf. André Lefèyre, l'Évolution historique

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ont laissé des signes dans les plus vieilles traditions de la Grèce et de l'Italie.

En réalité, l'Egypte et la Chaldée apparaissent seules, nettement, au début du monde antique, comme des planètes isolées, gravitant dans l'espace, au sein de la nuit universelle. Tout le reste des hommes est en quelque sorte nul pour nous : ils ont passé comme des ombres dont il ne demeure pas de traces. Aussi loin que pénètrent les hypothèses érudites, il ne semble pas qu'elles puissent rebrousser chemin au delà de ces peuples, dont l'existence s'appuie sur des faits autrement positifs que la conception, par exemple, d'une Asie antéhistorique, touranienne^ et kouschite.

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L'imagination éprouve un brusque saisissement à passer des sombres forêts, où végétaient les tribus primitives, aux temples mystérieux de l'Egypte, aux splendides civilisations de l'Orient.

Bien avant que les poètes rassemblés à la cour de Thoutmès III ou de Ramsès II, le père du Pharaon de V Exode, n'eussent accordé leurs chants pour la glorification des exploits de leurs maîtres, « fils du

1. Touraniens, c'est le nom qu'on a donné aux populations éparses qui, de la Finlande aux boi'ds de l'Amour, habitent le nord de l'Europe et de l'Asie, Finnois, Tchoudes, Tartares, Mongols, Tougouses ou Turcs, constituant par les affinités philologiques et par lidentité d'extraction une seule et même famille. Les Touraniens ne se virent pas toujours confinés dans les régions septentrionales qui les enferment aujourd hui, mais connurent des pays plus favorisés du soleil que les vallées de l'Oural ou les pentes de l'Altaï, aux époques indéterminées où leurs tribus errantes parcouraient l'Asie Antérieure, industrieuses déjà et possédant l'usage civilisateur des métaux, de l'or, de l'argent et du bronze.

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soleil », fils d'Ammon, « seigneurs des deux diadèmes », il y avait eu des artistes et des auteurs en Egypte. Dès la période memphite, dès les II I*^, IV* et Y" dynasties, les textes hiéroglyphiques abondaient, dégageant, par-dessus les superstitions populaires et les divagations sacerdotales, des indicesde vraie philosophie ou transmettant aux siècles futurs jusqu'aux moindres détails de la vie publique et privée du peuple des Pharaons.

Sur la lin de ses jours, vers le proche moment d'aller dormir dans la nécropole de Giseh, un grand fonctionnaire des premiers temps de la VP dynastie voulut qu'on inscrivît sur son tombeau le titre dont il faisait sa gloire, le titre de gouverneur de la Maison des Livres. Il y avait donc des livres, il y avait donc une littérature assez considérable déjà pour remplir des bibliothèques, assez importante aussi pour qu'on y attachât spécialement la direction d'un grand de la cour.

Parmi ces ouvrages, irrémédiablement perdus,, quelques-uns remontaient très haut, sans doute. Il en était d'antérieurs peut-être au règne de iNIîni, le fondateur de Memphis. Là se trouvaient : le Livre des Morts^, rituel étrange et consacré par le respect de tous; des poèmes historiques célébrant les dits et les faits des anciens rois ; ou des traités sur les sciences positives et occultes ; des romans, des contes, des chansons d'amour aussi, peut-être analogues à celles qui nous sont parvenues d'une époque fort ultérieure^, et avant tout des écrits religieux.

1. On en a retrouvé de nonabreux exemplaires en papyrus sur les momies.

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