CHAPITRE XII
DIX-HUmÈME SIÈCLE. — PROSE.
La critique : Gravina. — Zeno. — Bettinelli. — Gaspard Gozzi. — Baretti.
— Cesarottt. — Gimma. — Maxzuchelli. — Tiraboachi. — Foacarini.
— SigDorelii. — Quadrio. — Denina. — L'histoire : Moratori. — Giaonone. — Philosophes et juristes : Vico. — Beccaria. — Pietro Verri.
— Filangieri. — Le roman : Alexandre Verri.
Dans les siècles primitifs , d'inspiration naïve et spontanée» les œuvres de la poésie naissent pour ainsi dire d'elles-mêmes , par une éclosion naturelle du génie ; elles n'en sont que plus grandes et plus belles, comme ces forêts vierges dont rien ne contrarie la puissante végétation. C'est le contraire dans les Ages de science et de philosophie : on procède alors par la réflexion et la science; on interroge les règles ou l'on en crée de nouvelles ; la critique précède ou accompagne les productions de l'esprit; l'art, la poésie se soumettent à un système conçu d'avance, où souvent la raison refroidit le génie. Alfieri nous a donné cet exemple : Gœthe, Victor Hugo emploient aussi cette marche analytique, que ne connaissaient ni Homère, ni Eschyle, ni Shakspeare.
Dans un ordre moins élevé, Vincent Gravina (1664-1718), le protecteur généreux de Métastase, composa un Traiié de la tragédie en même temps qu'il essayait dans ses pièces de rivaliser avec Sophocle ; il avait une connaissance profonde de l'antiquité, un goût assez élevé des beautés de