‹ Histoire des littératures étrangères (volume 2)Chapitre 111 sur 300 · CHAPITRE TREIZIÈME. 24 f · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME. 24 f

Bologne, place qu'il perdit en 1815. Ami et admirateur de Canova, le « Ciorrége de la sculpture », comme rappelait David, Giordani entreprit de lui élever un monument littéraire digne de son génie. Il employa de longues années à composer Téloge du grand artiste, dont il célèbre les vertus et les œuvres avec un enthousiasme qui n'a rien de factice ni de trop académique; quoique inachevée, c'est une œuvre d'un ensemble imposant et d'un vif intérêt. La Correspondance [Epislolario) de Giordani, publiée en huit volumes, est fort curieuse à lire pour l'histoire du temps; elle est semée d'une foule d'anecdotes relatives aux personnages célèbres qui traversèrent alors la société italienne et la petite cour de Marie-Louise à Parme, patrie de l'écrivain. On y voit figurer tour à tour les Bonaparte, les Bourbons, Byron, Courier, Lamartine au début de sa gloire, et lisant ses vers à côté de Delphine Gay, qui déclamait les siens en costume de Muse; enfin la plupart des illustrations italiennes, Foscolo, Leopardi, Giusti, Manzoni, Gioberti; c'est le tableau vivant de la société de l'époque.

Parmi les écrivains qui ont contribué à la renaissance et aux progrès de la langue italienne, il faut rappeler aussi Pindemonte, dont les Elogi sont de charmantes biographies des hommes illustres de Vérone, sa ville natale. Foscolo, Fauteur de Jacopo OrtU, n'est pas toujours un bon modèle; son style est tendu, forcé, torturé comme les sentiments qui agitent son Âme sombre et malheureuse ; mais dans ses Letirei {Epistotario)^ le style est plus naturel, plus correct, et la vigueur spontanée de l'écrivain se plie sans peine à tontes les nuances des sujets qu'il traite.

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