CHAPITRE XIV
DIX- NEUVIÈME SIÈCLE
École romantique. — Manzoni : ses poésies lyriques; ses drames; son roman les Fiancés. — Les Coloristes et les Formistes. — Leopardi..— Benedetti. — Costa. — Arid. — Harchetti. — Sestini. — Rossetti. — Berchet. — Silyio Pellico. — Arrivabene. — Grossi. — Bertolotti. — Costa. — Tommaseo. — - Carrer. — Bfamiani. — Betteloni. — Mesdames Brenzoni et Ferrucd.
Nous abordons l'époque où l'école romantique, triomphante en Allemagne par les chers-d'œuvre de Gcethe et de Schiller, en Angleterre par ceux de Shakspeare, de Walter Scott et de By ron, faisait invasion en Italie en passant par la France; elle y trouva un appui dans les aspirations libérales du patriotisme, malgré la censure rigoureuse que leur opposait la police autrichienne, implantée sur les ruines de l'occupation française (1820). En remontant au passé, aux souvenirs du moyen âge, aux naïfs écrivains de l'aurore italienne, on croyait servir la cause nationale et faire preuve d'indépendance. Ce libéralisme instinctif était le même que celui qui guidait nos écrivains français sous la Restauration.
Il y avait chez les romantiques italiens une exagération que la passion seule explique, et qui aboutissait parfois à une contradiction flagrante. Ils détestaient la domination étrangère, et pourtant ils cherchaient leurs modèles au dehors; ils délaissaient les grands maîtres italiens