CHAPITRE QUATORZIÈME. Î
du roi de Rome fut couronnée par l'Académie de Lucques. —Costa a fait une brillante description du Laoeoon, et beaucoup de sonnets y de satires et d'épi 1res assez médiocres. — Arici, traducteur habile, des Géargiques, est encore un disciple élégant de Virgile dans sa Pastarixia, où il a su vaincre les difficultés et la monotonie inhérentes au pofime didactique. — Marchetti, ami d'enfance et ministre de Pie DL à une certaine époque, se distingue surtout par ses Cansumi, dont quelques-uns rappellent Pétrarque; il a remis ce genre en honneur en le revêtant d'une simplicité touchante et gracieuse» d'un style sobre et pur; mais sa plus belle œuvre est un poème en quatre chants : Une Ntdt de Dante, dont la noble inspiration et les vers bien frappés rappellent de loin la manière du chantre de la J^ine Comédie.
C'est à la même source qu'a puisé Sestini pour sa Légende de Pia^ œuvre émouvante et pleine de passion. — Scolnini aurait pu être un des meilleurs poètes de l'Italie , si seize aimées d'exil n'eussent assombri sa musc et paralysé son inspiration; le Dernier Chant, et Y Exilé sont pourtant des œuvres remarquables par le sentiment de la nature et les richesses descriptives qu'ils contiennent. — Parmi ces exilés de 1821 » il en est deux autres qui ont aussi chanté avec succès : Rossetti composa des hymnes nationaux dont quelques-uns eurent une vogue assez grande , sans être durable. — Berchet est meilleur écrivain; il a plus de varve et de style, et l'on a pu le comparer à Béranger par Teffet qu'ont produit ses chants populaires; son petit poëme les Fantaisiei est ce qu'il a fait de meilleur.
Dans la période littéraire que nous étudions, la plupart des écrivains sont des ennemis et des victimes de la domination autrichienne, qui pesait si lourdement sur l'Italie.
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Cette oppression, contre laquelle réagissait le sentiment national, fut favorable aux lettres, dont elle excita le réveil au nom de la liberté; la poésie, le théâtre, l'histoire entrèrent à pleines voiles dans ce courant, et y puisèrent une force qui fut très-favorable au talent, car l'Italie entière accueillait avec faveur tout ce qui flattait ses aspirations et ses espérances. C'est de là que vinrent, pour la littérature, le mouvement et la vie; l'histoire du passé, si féconde en grands enseignements, servait de point d'appui aux élans du patriotisme et le poussait à désirer un meilleur avenir. Quand une idée s'incarne ainsi dans une nation , devient sa passion dominante , sa constante préoccupation , il est bien rare qu'elle n'arrive pas à l'état de fait accompli par la puissance même dont elle contient les germes.
Parmi les martyrs de cette idée, dont les souffrances ont le plus servi à la cause commune, il faut surtout citer Silvio Pellico (1789-1854) , qui doit sa popularité moins à son talent d'écrivain , assez pâle et médiocre , qu'au récit touchant et simple de ses Prisons (Mie Prigioni), où il raconte avec tant de charme et de résignation Thistoire de sa captivité au Spielberg. Il avait passé dans sa jeunesse quatre années à Lyon, puis il devint professeur de littérature française au collège militaire de Milan. C'est là qu'il se lia intimement avec Monti, Manzoni et Foscolo, et que son àme douce et tendre fut enivrée des sentiments patriotiques qui exaltaient autour de lui d'autres natures plus fortes, les Confalonieri et les Arrivabene. Il composa alors sa FrancescadiRimini, qui obtint un succès d'enthousiasme, quoique la conception en soit assez faible, le plan et la conduite médiocres; ce qui charmait dans cette œuvre, plus élégiaque que dramatique, ce sont la grâce et la