‹ Histoire des littératures étrangères (volume 2)Chapitre 118 sur 300 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

de Christophe Colomb ; il y a beaucoup de vigueur et de souplesse dans les portraits et les tableaux , quoique l'ensemble ne soutienne pas bien l'intérêt. — C'est aussi un agréable poète que le doux et yertueux Tommaseo , compagnon de Manin pendant l'insurrection de Venise ; revenu de ses espérances et de ses rêveries politiques, il s'en consola par le sen liment religieux. Outre ses poésies et ses travaux philologiques, il a composé des récits romanesques : le Due d^Alhèna est une étude historique; Frede et Belle zxa est une rêverie intime , psychologique , d'une gr&ce touchante.

D y a plus de fantaisie et de variété dans les poèmes de Carrer ; il a fait des sonnets visiblement imités de Pétrarque, mais habilement tournés, des Aymn^ qui renferment de grandes beautés, des idylles, des épitres, des chants satiriques, des ballades, dont quelques-unes sont de petits drames achevés, comme la Vendetta, le Sultan, le Coursier d*Estramadure. — Mamiani n'a pas le talent moins varié ni moins fécond, mais il est plus concentré , plus réfléchi, et manque par cela même de cette spontanéité qui est le vraî cachet de l'inspiration. Il a fait des idylles, des hymnes, des eanzoni dont la forme est excellente, très-artistique; il n'y manque que la chaleur nécessaire à toute composition lyrique. En somme, Mamiani nous paraît être homme d'État plutôt que poète. — Betteloni, dont une mort prématurée arrêta le glorieux essor, avait une véritable vocation lyrique , comme le prouvent ses sonnets et son petit poème descriptif sur le Lac de Garde,

Plusieurs femmes distinguées ont mêlé leur voix à ce concert poétique dont nous ne pouvons qu'indiquer les principaux virtuoses. La comtesse Bon-Brenzoni , morte jeune aussi , comme si le feu poétique eût consumé son

tu LITTÉRATURE ITALIENNE.

âme ardente, s'inspirait surtout de Dante, dont elle savait par cœur toute la Divine ConUdie. Madame Ferrucci, plus savante encore , et profondément versée dans les langues anciennes, se souvient de Virgile dans ses chants, mais la pensée chrétienne 7 ajoute souvent des élans sublimes, coomae dans son Hymne à la mort et son Hymne au ioUil,

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