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CHAPITRE XV

DIX-NEnyiÈMB SIÈCLE.

Poésie (suite); ses tendances politiques. — Ginsti. — Prati. — Aleardo Aleardi. — Gaszoletti. — Regaldi. — Ongaro. ^ FroUani. — Cardnccl. — Zanella. — Barattani. — Meraantini. — Marchi. — Ventnri.

— Nerucci. — Poètes siciliens*: de Spnches. — Pardi. — Bertolami.

— Femmes poètes [: madame Fileti. — Mademoiselle Lutti. — Madame FnikFasinato. — Madame Bronamonti. — Mademoiselle Milli.

Comme nous l'avons pu voir dans ce qui précède, la poésie italienne y depuis un demi-siècle, s'est surtout inspirée du sentiment patriotique, et y a trouvé souvent de mAles et généreux accents. C'est elle qui a présidé au réveil national, qui l'a provoqué, en faisant appel aux souvenirs du passé et aux espérances futures. Elle a stimulé les âmes engourdies sous l'oppression étrangère, leur a montré le but à atteindre et a salué la renaissance italienne par des chants de triomphe. La poésie a donc trouvé dans ce mouvement national un aliment qui l'a fait vivre, et a donné à ses chants un puissant intérêt d'actualité. Nous touchons aux temps modernes, et le nombre des poètes n'a pas diminué; aux vétérans du premier Age viennent s'ajouter de nouvelles recrues qui soutiennent le bataillon sacré ; quand la mort fait un vide dans les rangs, un nouveau champion surgit pour remplir sa place : Vm mmUo non defieU alter. L'image est d'autant plus vraie que la poésie est souvent une arme de combat, et qu'elle descend vont. 45

ne LITTÉRATURE ITALIENNE.

lontiers dans l'arène de la politique dont les passions lai servent d*aliment.

Giuseppe Giusti (1809-1850) tient la tête de cette phalange qui combat pour la patrie et la liberté. Le nom de Béranger italien qu'on lui a donné n'est vrai qu'en partie; tous deux ont fait vibrer la fibre nationale » c'est le seul point de ressemblance; car Gius^ n'est pas le chantre sceptique, voltairien, grossièrement épicurien que nous connaissons dans le poète fhincais; il a une sensibilité vraie qui le porte à l'enthousiasme, et, avant d'aborder la satire politique , son cœur avait parlé dans des élégies touchantes, telles que la Confiance en DUu, le Soupir de tàme, etc. Mais c'est surtout conune satirique que s'exerça son influence. Ces pièces mordantes, dirigées surtout con- , tre la domination autrichienne, ne pouvaient être imprimées; elles circulaient manuscrites par toute l'Italie et produisaient un grand effet sur le public : le Dies tr»^ la Boite (h Stivale)f U Brinditi, le Couronnement, sont les principales de ces œuvres, pleines d'une verve ironique et d'une vigoureuse indignation. D'autres pièces, sans avoir de portée politique, n'en sont pas moins ingénieuses et spirituelles, telles que : la Girella (Girouette), les Fumonjtaires. Dans la Terre des morts, Giusti répond avec une rare énergie à cette parole injurieuse que Lamartine avait adressée à l'Italie, d'être la terre des morts, et de n'avoir plus que de la poussière humaine ; il lui opposa tous les grands noms qui font aujourd'hui sa gloire et prouvent qu'elle produit encore des hommes. Giusti était très-soigneux de la forme, et son style est aussi él^nt que soutenu. U n'est pas moins pur en prose, et ses Lettres, ainsi que ses Écrits divers, publiés après sa mort, ont ajouté à sa valeur littéraire, de même qu'ils nous'lemon*

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