CHAPITRE SEIZIÈME
Marenco a un peu mieux réussi dans Fakoniere, la FamigUa, Raffaello, qui rentrent plus spécialement dans le genre du drame. Quant à ses tentatives dans le genre comique, elles ne sont pas assez heureuses pour mériter une mention.
On ne peut refuser à M. Bolognese l'honneur d'une grande fécondité dramatique jointe à une certaine originalité d'invention. Sans parler de sa Cleopatra, estimable étude historique dont les caractères manquent d'individualité, ni de son Càitio, qui dut surtout son succès à la Ristori dans le beau rôle de Noema, nous trouvons une véritable grandeur dans la tragédie de Promélhée, personnage symbolique dont il a su tirer de grands effets : la conduite de la pièce est soignée aussi bien que le style.
On pourrait donner quelques éloges à M. Zamboni pour sa Bianea délia Porta, si le sujet, atroce et répugnant en lui-même, était traité avec plus de délicatesse. — M. Morelli, au contraire, a peut-être trop adouci et transformé les mœurs de l'époque qu'il a peinte dans son Fra Mareale, qui n'est autre que le sujet d'Ardoin d'Ivrée, déjà traité par M. Carcanio ; aussi sa pièce est-elle agréable, fort applaudie à la scène, tandis que celle de Zamboni ne laisse qu'une impression d'horreur.
recueil du drame historique, en Italie, c'est de sacrifier par trop à l'idée politique du moment et aux passions malsaines de la foule. Si la censure autrichienne péchait autrerois par excès de sévérité, celle du gouvernement actuel pèche par excès contraire ; les attaques contre la religion et la morale se produisent impunément sur la scène, et l'antagonisme contre le pouvoir pontifical se donne libre carrière. Certains écrivains exhument de l'histoire tout ce qu'ils peuvent trouver de scandaleux et d'hostile au clergé, m. 46
et contribuent de tout leur pouvoir au relftchement du frein religieux et moral. Nous laissons volontiers dans Tombre les pièces où s'accusent ces fftcheuses tendances : la littérature n'a rien à y gagner, et la dignité humaine à tout à y perdre.
Nous terminerons cette revue en parlant d'un écrivain, M. de Gubematis» qui a transporté avec bonheur sur la scène italienne un épisode du Mahdbhârala indien, et en a fait la trilogie de Nala. Ces tableaux de la poésie orientale sont pleins de grandeur et de charme, et la couleur locale y est observée avec un soin qui leur donne une rive originalité.
La comédie italienne a suiri un mouvement parallèle à celui de la tragédie. Après le comte Giraud, dont nous avons parlé, elle a pour représentant principal, pendant de longues années, Alberto Nota, excellent écrivain, moins gai que son rival, mais d'un goût plus pur et plus rapproché de la haute comédie. Il débuta en 1808 par i Prim Pani, peinture assez rive des mœurs de la haute société italienne, qui fut suirie du Philosaphe eéUbakùre {U FUoi^o eeUbe), œuvre spirituelle, dont le caractère principal n'a pourtant pas toute la vraisemblance désirable. / LiUganU, la Donna ambiziosa, la Lunnghkra, sont encore des pièces agréables, bien tournées, mais qui le cèdent en mérite à la Fiera, la dernière et la meilleure œuvre de l'écrivain : les caractères de cette pièce sont finement dessinés, et l'intrigue nouée avec art.
Entre Albert Nota et Paolo Ferrari, il s'écoula un laps de temps assez considérable où le thé&tre comique fut à peu près nul : il rivait des productions anciennes ou d'imitations françaises que surveillaient de près les ciseaux de la censure. Il fallut l'ébranlement produit par les événe-