‹ Histoire des littératures étrangères (volume 2)Chapitre 129 sur 300 · CHAPITRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME

ments de 1848 pour lui rendre des allures plus libres et susciter de nouveaux écrivains. C'est alors que parut Ghe* rardi del Testa, avocat distingué, qui, malgré ses succès au barreau, préféra ceux de la scène, et y obtint une vogue aussi durable que méritée. Ses premières pièces annonçaient un esprit facile, brillant, un digne héritier de Giraud et de Nota ; tel est le Système de Georges, comédie agréable et pleine de naturel, qui eut pour contre-partie le Système de Lucrèce, où les incidents se produisent avec un peu trop d'artifice. Encouragé par l'accueil favorable dû public, M. Gherardi écrivit en dix ans une foule de pièces, presque toutes réussies, semées de scènes spirituelles, de charmants détails, et dont nous ne pouvons qu'indiquer les meilleures : Vanita e Capriccio, il Ballo in maschera, Un' awerUura ai bagni, il Padiglione délie Mortelle (le Pavillon des Myrtes), etc. Mais ces comédies amusantes et légères ne donnaient pas encore toute la mesure du talent de M. Gherardi ; il a pris depuis un vol plus élevé, et a franchement abordé la peinture de mœurs et les tableaux sérieux de la haute comédie dans la Charité intéressée, la Conscience élas^ tijue et le Vrai Blason; ces pièces sont de fortes études, travaillées avec soin, et traitées avec autant de vigueur que de souplesse. Plusieurs autres pièces appartenant à cette phase nouvelle pourraient en être rapprochées sans désavantage, mais nous nous bornons à indiquer les principaux titres de cet écrivain à la gloire littéraire.

Paolo Ferrari débuta par des comédies d'une portée savante et sérieuse qui s'adressaient moins à la foule qu'à un public lettré : Goldoni et ses seize comédies, la Satire et Parini sont des études historiques mêlées d'incidents comiqpies où ces deux écrivains figurent comme héros de chacune de ces pièces; elles sont un peu longues et char-

gées de détails jusqu'à rencombrement, mais l'intérêt est soutenu ainsi que le style. La Prose, pièce plus simple dans le plan, a plus d'un côté faible; pourtant elle se relève dans d'excellentes scènes où le comique côtoie le pathétique. Mais au lieu ^ d'aller en progressant comme Gherardi, Ferrari a descendu la pente contraire, et le succès de ses ouvrages est de plus en plus contesté ; il violente ses sujets pour en tirer des effets peu naturels, et il tombe dans de choquantes invraisemblances ; on doit regretter cette éclipse d'un talent sérieux qui promettait un éclat plus durable.

H. Suiier, né à la Havane (1832), a été élevé en Italie et 7 a conquis ses droits de nationalité par une série de pièces généralement applaudies, qui le placent avec honneur dans la pléiade dont Gherardi est l'étoile la plus brillante. Dans le nombre, on distingue surtout le Amkhe, la Graliiudine, où son talent d'observateur s'affirme avec une véritable autorité.

Afin de ne pas prolonger, sans grand intérêt pour le lecteur, cette revue déjà longue des auteurs comiques, il nous suffira d'indiquer ceux qui occupent encore la scène avec plus ou moins de succès, et sur lesquels il est difficile d'asseoir encore un jugement définitif : tels sont M. fiersezto, auteur des MUerie del signor TravetH; Torelli, dont les MarUi est le meilleur ouvrage ; Martini ; de Renzis, auteur de jolis proverbes ; Muratori ; Carrera ; Gossa ; Fambri, dont le Caporal de semaine a été fort applaudi ; Bettoli ; Montecorboli ; Gostetti; Goletti'.

* Voir pomr plus de détails Histoire de la Utiérature coniemporaime en Italie, par A. Roux. 2 vol. Charpentier. Paris.

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