CHAPITRE DIX-SEPTIÈMB
M. Yanucci a fouillé avec un soin consciencieux et une critique éclairée les origines italiennes dans son Histoire de tItaUe ancienne, où il profite des travaux antérieurs de Vice et de Niebuhr, mais sans les suivre trop loin dans leur esprit de système sur les origines romaines. Il trace à grands traits et supérieurement le tableau de la décadence de l'empire, où les mœurs, la littérature, la langue étaient entraînées dans le même naufrage.
Homme d'État et historien, M. Farini, en écrivant Thistoire des événements contemporains dans lo Stato romano, n'a pu échapper aux préoccupations du moment ni aux impressions du parti politique auquel il appartient; on doit pourtant lui savoir gré des efforts qu'il fait pour juger avec impartialité les hommes et les événements. Les travaux de ce genre ne sont jamais le dernier mot de l'histoire, qui a besoin de voir à distance pour apprécier l'ensemble des choses. Trop préoccupé des libertés italiennes et partisan déclaré du mouvement révolutionnaire , M. Farini ne peut comprendre ni juger sainement la conduite du grand et saint pontife Pie IX, au milieu des sinistres événements qui ont eu pour but et pour résultat de fouler aux pieds tous ses droits et ceux de l'Église. On a de ce même écrivain V Histoire d'Italie (/e 1814 à 1823, écrite avec talent, mais toujours au même point de vue de son parti politique. — Il y a plus de calme et d'indépendance philosophique dans V Histoire d'Italie de 1814 à 1853, par le professeur Ranalli, dont le style et la manière sont empreints d'une gravité antique ; il y a bien un peu de pédantisme dans ces formes archaïques que l'auteur affectionne; il s'abstrait en quelque sorte du présent et vieillit à plaisir rhistoire moderne qu'il raconte.
M. Romanin a écrit en neuf volumes YHistoire de
Venise, travail d'érudition consciencieuse et forte, puisé aux sources authentiques, et qui complète sur plusieurs points la belle histoire de Daru. — La. Vie de SavonaroU, par M. Pascal Yillari, mérite également des éloges pour la belle ordonnance de la composition et les précieux documents qu'elle met au jour sur cet illustre dominicain, dont le rôle fut si important dans la réYolution florentine contre le pouvoir des Hédicis.
M. Ricotti se fit d'abord connaître par une étude sur les eondoUieri italiens, ces fameux chefs de bandes qui furent la plaie de l'Italie au moyen âge : tel est l'objet de la Sioria délie compagnie di vetUura. Mais cet ouvrage a moins d'importance et de mérite que son Histoire de la monareUe de Savoie, œuvre solide, qui lui a coûté quinze années de recherches et de travail. On voit avec quel soin et quel zèle les Italiens cherchent à mettre en lumière les richesses enfouies de leurs archives nationales. Les travaux historiques sont toujours le plus évident symptôme du réveil d'une nation, car le passé prête au présent ses lumières et son expérience. — H. LaLumia, dans ses É tudes sur t histoire de la Sicile, a traité avec intérêt certaines périodes de l'histoire de ce pays, si complexe et si peu connue; tandis que H. Giudici a cherché à éclaircir, sans y réussir toujours, l'histoire si confuse des Communes italiennes, et que H. Gelesia s'attachait à reproduire certaines parties de V Histoire de Gênes,
En fait de mémoires ayant une portée historique et politique, il faut citer ceux du marquis de Yillarena (le Aeminiscenze de* miei tempi et Vltimi Ricordi) , à qui l'on doit également les Légendes historiques de la Sicile; écrits sans prétention , et même sans assez de soin de la forme et du style, ces ouvrages ont une libre allure, une verve pas-