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CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

sa PkUùtophie de la naiure; mais il ne paraît pas que les nuageuses doctrines du philosophe allemand aient grande chance de se populariser sous la pure lumière du soleil d'Italie , et le panthéisme hégélien a trouvé un adversaire aussi vigoureux que convaincu dans un autre partisan de Gioherti» H. Luciani, dont les œuvres sont une exposition lumineuse et une glorification enthousiaste de la doctrine de son maître.

Avant de parler du roman , il nous reste à donner une notion sommaire de quelques bons écrivains en prose, qui se sont distingués dans des genres divers, soit dans lacritique, soit dans la polémique, soit dans Téloquence.

Le père Antonio Bresciani (179S-i862), jésuite, a été l'un des plus ardents défenseurs de la cause catholique à une époque où la presse antireligieuse se livrait aux plus violentes attaques contre l'Église. Attaché à la rédaction de la CwUtâ eattolka, il combattit les mauvaises doctrines avec une ardeur et une conviction qui imposaient le respect mênae à ses advei'saires, quand ils voulaient être de bonne foi. La forme du roman convenait bien à son imagination vive et colorée, et il obtint un succès de vogue par le Juif de Vérone, la République romaine, le Zouave pontifical. Mais son talent littéraire se montre plus sérieux et plus con)plet dans diverses publications pleines de verve, de pittoresque et d'imprévu : les Avertissements de Tionide, la Vie d'Abulker, le -Tyrol allemand et la Sardaigne; ce dernier ouvrage a des pages d'un effet ravissant.

La chaire, chrétienne , sans s'élever à la même hauteur qu'en France, a eu pourtant quelques dignes interprètes, parmi lesquels figure d'abord Segneri , dont la parole était animée d'élans vigoureux et savait remuer les &mes. L'abbé Barbieri, avec un goût plus pur, mais moins d'élé-

yation, parlait en moraliste plutôt qu'en apôtre» et charmait un auditoire choisi par l'élégance fleurie de sa parole et l'ingénieuse habileté de ses discours. Le père Ventura, théatin , ne demandait pas à la rhétorique les effets de ses discours ; l'inspiration lui venait du moment et des circonstances. Il s'y livrait avec une verve pittoresque, dans

la chaire ou sur une borne , remuant la foule par un langage imagé , populaire , et se mettant à l'unisson de cette mobilité italienne qui se laisse si facilement entraîner et émouvoir. Il restera peu de chose de cette éloquence mouvementée du célèbre religieux, sauf quelques discours plus réfléchis, tels que le panégyrique d'O'Gonnel; comme écrivain, le père Ventura est assez médiocre, et sa renommée a peu de chose à attendre de l'avenir.

S'il y a bien du choix à faire dans les écrits de Tltalie contemporaine, le goût s'est pourtant amélioré en se rapprochant du naturel et de la vérité ; la langue littéraire s'est dégagée des nombreux dialectes provinciaux ; la communauté d'idées et d'intérêts lui donne un caractère plus unitaire qui est très-favorable à la vulgarisation des bons ouvrages. La critique littéraire, la philologie ont produit des œuvres distinguées, qui viennent en aide à ce progrès du goût et de la langue. M. Emiliani Giudici a composé une Histoire de la littérature iUUienne qui est complète dans sa brièveté, et dispense le public affairé de recourir à de trop volumineux ouvrages dont les détails font perdre souvent le coup d'œil d*ensemble. Il s'attache à faire ressortir les grandes renommées littéraires , qui caractérisent une idée ou une époque et en résument la gloire en même temps que l'esprit. Son livre y gagne en intérêt, mais il ne correspond pas au besoin scientifique de toutes les classes de lecteurs.

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