‹ Histoire des littératures étrangères (volume 2)Chapitre 156 sur 300 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

les plus heureuses qualités de pensée et de style : impartialité, vigueur, correction, élégance. Sa Chronique des rois catholiques est fort estimée, moins pourtant que ses Lettres, adressées à la reine Isabelle et à d'autres grands personnages : elles forment de véritables Mémoires, très-curieux pour rhistoire du temps. Pulgar était chancelier et historiographe de Gastille sous Ferdinand et Isabelle.

Femand Gomez de Gibdaréal (1388-1457}, favori d'Âlvaro de Luna, fut pendant quarante ans premier médecin de Jean II. Initié par sa charge à toutes les intrigues de la cour, aimé du prince et du favori, ménagé par tous les courtisans, nul mieux que lui ne fut à même de connaître les hommes et les affaires du temps; c'est ce qui donne un prix inestimable à son Centùn Epistolario, recueil de cent cinq lettres adressées à de grands personnages, auxquels il donne des renseignements, des détails sur ce qui se passait à la coac^ en y ajoutant souvent de salutaires conseils. C'était un esprit fin, délié, en même temps qu'un caractère honnête et plein de modération. Sa correspondance offre un vif intérêt à tous les points de vue : elle est relevée par un style naturel et piquant. On en a pourtant contesté l'authenticité, en se fondant sur certaines erreui-s qu'un contemporain, un homme de cour n'aurait pu commettre, et sur ce fait qu'aucun manuscrit de Y Epistolario n'a pu être retrouvé. Si l'on n'admet pas, avec de graves critiques, que l'ouvrage soit &poci7phe, on est forcé d'admettre qu'il a au moins subi des interpolations.

Les Chroniques sont assez nombreuses au quinzième siècle; il en est une qui l'emporte sur toutes les autres en importance et en intérêt; c'est celle d'Alvaro de Luna, composée par un de ses familiers, le juif converti Alvar Garcia. Très-attaché à son maître, et vivement ému de sa

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fin tragique y il se fait naturellement son apologiste, et y apporte une éloquence passionnée qui donne de Tintérét à son livre.

Nous renvoyons au seizième siècle Fétude du thé&tre espagnol, parce que c'est à cette époque qu'il prit sod plus vigoureux essor; mais les mystères , les drames religieux existaient déjà depuis plusieurs siècles; les premiers essais dramatiques un peu sérieux datent du quinzième siècle : ils ont pour auteur Jean de la Encina.

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