‹ Histoire des littératures étrangères (volume 2)Chapitre 198 sur 300 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

OcampOy historiographe de Gharles-Quint, commença une Chronique générale éFEspagne, qui remonte au déluge, et s'arrête à la seconde guerre punique. Elle fut continuée par Morales, historiographe de Philippe II, et resta inacheyée. Ces deux écrivains ont plus d'érudition que de critique; Morales rechercha surtout l'élégance et la dignité du style; il attachait un grand prix à la qualité de bon écrivain.

V Histoire générale des Indes par Gomara est écrite avec intérêt, mais elle manque d'exactitude en bien des points, et elle se trouve réfutée par un compagnon de Fernand Gortez, CastiUo , dans son Histoire de la conquête de la Nouvelle-Espagne; ce vieux soldat , malgré la rudesse de son style, trouve le moyen d'intéresser par sa naïveté un peu fanfaronne.

Ce n'est pas sans une émotion pénible, mêlée d'indignation , qu'on lit les protestations éloquentes de Barthélémy de Las Casas au sujet des odieux traitements exercés contre les Indiens par les conquérants espagnols, dans sa Bremssima relation de la destruccion de las Indias. Nommé évêque de Chiapa au Mexique, ce courageux apôtre passa plusieurs fois la mer pour plaider auprès de Charles-Quint la cause de ces malheureux Mexicains, décimés par les supplices et des travaux qui excédaient leurs forces.

V Histoire du Pérou et celle de la Floride ont été racontées avec exactitude par Garcilaso de là Yéga, qu'il ne faut pas confondre avec le poète de ce nom. Son père avait accompagné Pizarre dans la conquête, et épousé une princesse de la famille des Incas. Sa narration ofTre tous les caractères de la vérité.

Geronimo Zurita, né à Saragosse d'une noble et ancienne famille, fut distingué par Charles-Quiht, qui le

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chargea de diverses négociations. Nommé chroniqueur national par les cortès d'Aragon « il prit sa charge au sérieux, et s'imposa de consciencieuses recherches, en Espagne, en Italie et en Sicile, pour composer ses Annales de la couronne d'Aragon, qui s'étendent depuis l'invasion des Arabes jusqu'à l'année 1516. Il y mit un soin minutieux, une impartialité digne d'éloges; ce n'est pas une histoire définitive, mais une mine précieuse de documents que doit consulter tout historien qui veut s'occuper de la nation espagnole.

C'est au même titre qu'il faut recommander le Compendio historial de Garibay , chroniste de Philippe II, qui prend la monarchie espagnole à son origine, et la conduit jusqu'à la prise de Grenade.

Avec le jésuite Jean de Mariana (1536-1624), nous sortons des annales et de la chronique pour entrer dans le véritable domaine de l'histoire. Il avait fait des études brillantes à l'université d'AIcala, et il fut chargé par ses supérieurs d'enseigner la théologie à Rome; il vint ensuite à Paris, fut reçu docteur en théologie à la Sorbonne, et professa pendant cinq ans à cette même faculté avec un éclatant succès. Sa santé se trouvant altérée, il retourna en Espagne, et se fixa au couvent de Tolède qu'il ne quitta presque plus jusqu'à sa mort; c'est là qu'il accomplit les grands travaux qui ont fait sa réputation. La hardiesse et l'indépendance de ses opinions soulevèrent contre lui plusieurs orages. Dans son livre De rege et de régis insiiluUone, il avait pris pour base le principe de la souveraineté dn peuple, et indiquait certains cas où il serait licite de se défaire d'un tyran par l'assassinat. Le livre qui contenait cette audacieuse théorie républicaine fut publié à Tolède, sous Philippe II , avec privilège du roi ; mais il parut plas

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