‹ Histoire des littératures étrangères (volume 2)Chapitre 217 sur 300 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

trop e fécondité a nui chez elle à la perfection de Fart dramatique. « Plus on étudie l'antique scène espagnole, dit un critique, plus s*enracine dans Tesprit Topinion qu*il n'y a pas de caractère possible, ni de situation thé&trale qui n'aient été devinés par nos adnûrables poètes dramatiques des seizième et dix-sèptième siècles Le théâtre

espagnol est une inépuisable carrière où se trouvent accumulés avec une profusion incroyable tous les éléments que le talent peut mettre en œuvre. »

Après une longue éclipse, le théâtre espagnol a repris de nos jours une activité nouvelle sous l'influence des idées romanticpies que notre siècle a vues éclore chez les peuples du nord de l*Europe. Gil y Zarate (1793*1861), qui avait fait sa première éducation en France , et y avait même oublié sa langue maternelle, débuta par des pièces classiques^ Ihn Pedro de Portugal^ Blanche de Bourbon, et quelques comédies qui commencèrent sa réputation; mais il se montra surtout original en abordant le drame romantique. Son début dans ce genre est Charles 11 tEntorcelé (1836), pièce historique qui fit époque, et qui parait inspirée par les drames de V* Hugo : les caractères y sont peints^ avec vigueur, de même que le jeu des passions. Encouragé par le succès, Gil y Zarate demanda à l'histoire de nou-» veaux sujets d'inspiration, et donna successivement à la scène Bosmunda, Alvaro de Luna, Masaniello, Guzman le Braœ, qui compte parmi les meilleures de ses pièces,. MaihUde, Guillaume Tell, Gonzahe de Cordoue, Charlet^ Quint, etc. Cet écrivain a de plus enseigné les belles-lettres, et composé un Manuel de littérature fort estimé.

Hartzembuch (1806), Allemand d'origine, travaillait d*abord avec son père aux sculptures décoratives du théâtre de Madrid; l'Espagne devint sa patrie, et bientôt

ao LITTÉRATURE ESPAGNOLE.

il put maliser avec les meilleurs écrivains dramatiques de ce pays. Ses Amants de Téruel lui acquirent du premier coup la célébrité , tant il sut mettre de force et de couleur dans la peinture des passions. Il ne put se soutenir longtemps à cette hauteur; il s*adonna aux pièces de cape et d'épée, puis à la féerie dramatique, et perdit enfin la Tavcur publique. Il s'en consola par la critique et l'érudition , où il porta les qualités propres au génie allemand, l'exactitude, la patience des recherches, la solidité du travail; ses éditions annotées de Tirso de Molina et à^Alareon sont un véritable service rendu aux lettres espagnoles.

Breton de los Herreros (1800-1871) s'est adonné à la comédie, et représente ce genre avec une gloire sans rivale : c'est le Scribe de l'Espagne. On sent que notre théâtre lui est familier, car il en reproduit le caractère, Tesprit, les grâces légères, et même les défauts. Souvent il prend nos pièces, et les arrange à l'espagnole, mais sans les transformer complètement; la couleur perce sous le travestissement. Le comique de Herreros est vif, l^er, aimable et de bon goût, mais sans profondeur. Il saisit bien les travers de l'époque, les ridicules du jour; il raille agréablement; il, plaît et amuse, et le public fait toujours fête à son auteur favori. De ses soixante pièces, il faut surtout citer la Morcela, une des meilleures, Vna de Tanka, El tereero en la ditcordia, Un quarto de hora.

Tomas Rodriguez Rubi (1817) a partagé avec Breton de los Herreros la faveur du public madrilène dans le genre comique. H visa même plus liaut que ce dernier, en s'attachant à peindre les mœurs de la haute société , les intri* gués et les ridicules des courtisans du pouvoir, tout ce jeu de rivalités, de prétentions et de passions avides qui environnent la cour, n a fait sur ce thème un peu monotone

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