‹ Histoire des littératures étrangères (volume 2)Chapitre 218 sur 300 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

de nombreuses pièces dant la plupart n*ont eu qu'un succès éphémère, et ne compteront pas beaucoup pour la postérité. Il faut à la comédie , pour être durable , la peinture générale des caractères et Tétude approfondie du cœur humain. Rubi tient pourtant une place honorable dans la comédie espagnole, et quelques-unes de ses pièces, comme par exemple Y Art de faire fortune, Bandera negra, Rueda de la Fartuna, comptent parmi les bonnes pièces du répertoire comique. Les lettres, en Espagne, sont généralement un marchepied pour les honneurs et les fonctions publiques : c'est à ce titre que Rubi devint ministre de l'instruction publique.

Garcia Gutierrez (1815) arriva du premier coup à la renommée par son beau drame el Tmvador, qui a servi ensuite de thème au chef-d'œuvre musical de Verdi. Gr&ce au succès éclatant de cette pièce, le jeune écrivain, jusque-là pauvre et inconnu, put se racheter de la conscription , où il venait de tirer le numéro 1 , et se livrer à sa vocation dramatique. Parmi ses autres pièces, généralement applaudies, on peut citer : le Page» X^Roi Monje, Magdalena, Simon Boccanegra. Mais son coup d*essai reste encore son coup de maître. En 1843, il a quitté l'Espagne pour se fixer en Amérique.

Les excès du romantisme amenèrent, en Espagne comme en France, un retour vers les traditions classiques; c'est ainsi que Tamayo y Baus s'attacha, comme Ponsard, à traiter le sujet si souvent mis en scène de Virginie, victime du tribun Appius Glaudius. C'est une œuvre de mérite, composée avec beaucoup d'art, de sobriété et de conscience; mais c'est plutôt une pièce académique que véritablement inspirée, et le courant des idées modernes n'est guère . favorable à ce genre de résurrection. Aussi , dans

itt LITTÉRATURE ESPAGNOLE.

une autre pièce, la Rica Hèmbra, composée en collaboration avec Guerra y Orbe , M. Tamayo parut renoncer à son premier genre, en faisant un drame historique et national; cette pièce est plus vivante que la première, d*un intérêt plus réel et plus saisissant. M. Guerra y Orbe avait déjà donné au thé&tre deux autres drames : la Fdk de Cervantes et Alonzo Cano.

U faut rattacher aussi à la réaction classique la tragédie en quatre actes à^Abmxo Mtmio, par mademoiselle Gertrudis Gomez de Avellaneda (1816). Cette pièce chevaleresque plut au public , tant par son caractère national que par la noblesse des pensées et la vigueur du style. Mais il eût fallu plus de puissance de conception, plus de vivacité d'intérêt pour amener le triomphe de celte résurrection classique. Après avoir fait deux antres tragédies, le Prince de Viana et Soûl, qui passèrent inaperçues, mademoiselle Avellaneda, qui avait débuté par des romans et d'assez belles poésies lyriques, revint au genre plus facile des récits romanesques, où les lecteurs ne lai font pas défaut.

Adelardo Lopez de Ayala n'est pas seulement connu en Espagne par ses succès au théâtre ; il a pris une part active aux événements politiques des dernières années; il s*associa aux républicains et aux progressistes pour précipiter du trône la reine Isabelle, devint ministre d'outre-mer, resta à l'écart sous le gouvernement éphémère d'Amédée, mais reprit son ascendant politique et ses fonctions minisr térielles à l'avènement d'Alphonse XIL L'Espagne est le pays des surprises et des revirements inattendus; mais la France serait malvenue à lui jeter la première pierre. Nous n'avons à parler ici que de l'écrivain, et, i ce titre» Ayala tient une place honorable; ses succès au tbéAtre

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