CHAPITRE TREIZIÈME
c L'humanité vit, la société marche; les peuples éprouvent des changements et des yicissitudes ; les individus agissent. De qui reçoivent-ils l'impulsion? Est-ce de la
fatalité? Dans l'hypothèse même où les livres saints ne
nous auraient pas révélé cette Providence, qui dirige l'univers dans sa marche majestueuse à travers les immensités du temps et de l'espace, l'histoire, mieux que toute chose, peut nous la manifester. C'est elle qui nous enseigne à la reconnaître dans l'enchaînement des faits au milieu desquels le genre humain marche vers la fin que lui a destinée Celui qui lui a donné la première impulsion , et qui le guide dans sa carrière. En supposant que l'ordre providentiel fût aussi inexplicable que le fatalisme , nous le préférerions pour les seules consolations que la sainteté de ses fins verse dans le cœur de l'homme. Celui qui traça les orbites aux planètes ne pouvait laisser l'humanité livrée à une aveugle impulsion. Nous croyons donc à l'ordre providentiel. »
Moins développée que la précédente, Y Histoire d'Espagne de don Antonio Covanillès n'en est pas moins remarquable par la dignité de l'esprit qui l'anime, la fermeté du jugement, la précision du récit, qui est clair, rapide , éloquent et ingénieux. Le caractère religieux et monarchique de cet ouvrage est bien en harmonie avec le passé historique de l'Espagne.
Don Pedro José Pidal était doué de toutes les qualités qui constituent l'historien , et il en a fait preuve dans son Histoire du soulèvement de t Aragon; mais la politique et les affaires ont absorbé une grande partie de son existence. Président du Congrès en 1833, plusieurs fois ministre sous Isabelle, il fut toujours un des membres les plus influents
du parti modéré et conservateur. G*est à lui qu*est due la réforme des universités espagnoles.
. C'est aussi au parti modéré qu*appartient le marquis de MiraflorèSy et, comme Pidal, il a passé par les grandes charges publiques en y laissant un nom respecté. Ambassadeur, ministre» sénateur, il s*est surtout attaché , dans ses divers ouvrages historiques » à retracer les événements contemporains, particulièrement ceux auxquels il a pris une part active. Dans son premier travail, qui a pour titre : Euaù hùimcù-crUiquei (1834), il a raconté les événements accomplis en Espagne de 1820 à 1823, et il Ta complété par deux autres volumes contenant tous les documents relatifs à la période antérieure, de 1810 à 1823; ces matériaux seront fort utiles aux futurs historiens. Dans un autre ouvrage publié en 1843 , Mémoires pour écrire TAûtoire contemporaine des sept premières années du règne ttlsabelle II, le marquis de Miraflorès a fait en quelque sorte l'exposé officiel, un peu trop superficiel, des événements de la régence où il joua un des principaux rôles. Enfin , il a concentré la substance de ces premiers écrits dans un volume d'un e clarté attrayante : Résumé historique et critique de la participation des partis dans les événements politiques de r Espagne pendant le dix-neuvième siècle.
Les amateurs d'études historiques pourront aussi consulter avec fruit les travaux divers de M. Ferrer del Rio, écrits avec élégance et facilité, mais trop à la h&te pour qu'on puisse les louer sans restriction. Le meilleur est, sans contredit, le Règne de Charles III, après Iquel on peut citer Y Examen critiqtte du règnede Pierre de CattUleei la Giderie de la Uttéraiure espagnole. Nous mentionnerons pour finir Y Histoire de Grenade de don Miguel d' Alcanlara, récit animé où circule un souffle poétique, et Y Histoire de la dvUisation