‹ Histoire des littératures étrangères (volume 2)Chapitre 222 sur 300 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

etpagnoh par Eugenio Tapia, qui marche avec honneur sur les traces de H. Guizot, de concert avec Emilio Castelar, professeur à runiversité de Madrid.

La critique littéraire, si voisine de l'histoire, puisqu'elle l'éclairé et la complète, a trouvé un digne interprète en M. Amador de los Rios (1818). Chose singulière, depuis le commencement de notre siècle, l'Espagne laissait aux étrangers le soin d'étudier ses grandes époques littéraires et d'en révéler à l'Europe les richesses oubliées ou délaissées par elle-même. C'est à l'érudition allemande, toujours active et féconde, que sont dus les premiers travaux sur la littérature espagnole.

Bouterweck tout d'abord consacra deux volumes à l'histoire littéraire de ce pays. Puis vint A. Schlegel, grand admirateur de Calderon, dont il traduisit les œuvres. Herder et Heine firent ressortir les beautés originales des romances espagnoles. Schack fit YHUtoire du théâtre espagnol, pleine de détails exacts et curieux. Sismondi, dans sa Littérature du midi de t Europe, suivit l'impulsion donnée par l'Allemagne^ et fit connaître à la France les richesses trop ignorées de la Péninsule. Nous avons eu depuis les travaux divers d'Ampère, de Yiardot, de Damas-Hinard, de Philarète Ghasles, etc. L'Espagne nous apparaissait dans toute la puissance originale de ses œuvres littéraires. Enfin, c'est un Américain de Boston, M. Ticknor, qui a fait sur cette matière l'œuvre la plus complète et la plus exacte ; son Histoire de la Uttéraêure espagnole, fruit de recherches laborieuses et patientes, a le mérite d'une scrupuleuse exactitude, jointe à un plan bien combiné, à une grande, abondance de détails.

- Stimulée par tant de travaux exotiques» l'Espagne finit

par se mettre à l'œuvre, et se rechercher elle-même dans les œuvres de son génie. De là, l'immense travail entrepris par M. Amador de los Rios. Son Histoire critique de Ut littérature espagnole, dont il a déjà paru six volumes, remonte aux origines antiques, et montre le développement du génie national à travers les siècles dans ses éléments variés et complexes. Le plan de Fauteur est tellement large, sa science tellement profonde^ surabondante, qu'on se demande s'il pourra jamais mener à bonne fin cette vaste entreprise. Pourra-t-il faire pour l'Espagne, à lui seul, ce que les bénédictins ont mis des siècles à faire pour l'histoire littéraire de la France? Ne pouvant rien présumer de l'avenir de l'œuvre, rendons au moins hommage au courage du savant écrivain qui consacre sa vie à un si utile travail. M. Amador de los Rios est professeur à l'université de Madrid et doyen de la Faculté des lettres.

Depuis que le gouvernement constitutionnel a prévalu en Espagne, la tribune a vu paraître des orateurs éminents, les uns combattant pour une idée, pour un parti, les autres se faisant les champions des grands principes sur lesquels reposent la société et l'ordre public. Nous devons ranger parmi ces derniers un homme de convictions ardentes, d'un talent supérieur, d'une rare élévation de pensée et de doctrine : nous voulons parler de Donoso Gortès, marquis de Valdegamas (1809-1853). Avocat et professeur à l'Athénée, il fut porté à la Chambre, devint partisan chaleureux de la reine Marie-Christine, dont il fut le secrétaire particulier, et resta en grande faveur auprès dlsabelle. Ses tendances étaient d'abord toutes libérales ; mais au retour d'une ambassade à Rerlin, ses idées parurent entièrement transformées dans le sens de l'auto-

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