‹ Histoire des littératures étrangères (volume 2)Chapitre 223 sur 300 · CHAPITRE TREIZIÈME. 4S · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME. 4S

rite religieuse et monarchique. Rallié aux doctrines de Joseph de Maistre et de Ronald, il les soutint avec une rare vigueur de logique et d'éloquence, faisant à la Révolution une guerre implacable, montrant les plaies vives dont souffre la société moderne, ses passions, ses erreurs, ses contradictions, et le courant fatal qui l'entraîne aux abîmes. On ne peut s'empêcher de suivre avec une vive curiosité et un intérêt ému le développement énergique de cette pensée, de cette conviction ardente, de cette vigoureuse déduction logique dans les divers ouvrages de ce noble écrivain, de ce champion résolu de la foi catholique, dans ses Discours, ses Lettres, ses Essais, ses articles de journaux, ses Considérations sur la diplomatie, ses Leçons de droit politique, ses Principes constitutionnels. C'est partout une recherche sincère de la vérité, un besoin de généraliser les idées, d'en tirer des déductions logiques, un dogmatisme aussi ingénieux qu'éloquent. Ce grand esprit fait de généreux efforts pour arriver à la certitude, pour résoudre les grands problèmes qui intéressent le présent et l'avenir des nations. Il cherche dans quelle mesure la liberté peut se concilier avec l'autorité; il remonte à la loi mystérieuse et supérieure de leur développement dans la philosophie et l'histoire. Il veut se rendre compte du degrjé où la raison humaine peut exercer ses droits et sa puissance en dirigeant ses propres destinées, et de l'action que la Providence exerce concurremment avec elle; il se demande quel est le sens de cette action supérieure, et à quels signes on peut la reconnaître. La foi religieuse lui sert de guide pour résoudre ces difficiles problèmes, et sa conclusion est tout en faveur de cette suprême autorité que possède seul le catholicisme comme base de certitude et foyer de toute lumière, car la raison seule n'aboutit

qu'aux ténèbres et aux aberrations. Ce qui Ta surtout frappé en Allemagne, c'est cette débauche du rationalisme, jut u iépare de Dieu, nie Dieu et se fait Dieu. Dans son Etem nar Pm IX, paUiè en 1847, Donoso Gorlès démontre victorieusement la supérkNrité de renseignement catholique et de ses dogmes au point de rue de la cÎTilisation en général et de l'avenir du monde. Il prévoit, avec un sens prophétique, les fatales conséquences des doctrines révolutionnaires, tout en montrant, dans la foi catholique, le seul et unique remède à cette fièvre qui agite le corps social, c C'est le catholicisme, dit-il, qui est le remède radical contre le socialisme, parce que le catholicisme est l'unique doctrine qui en soit la contradiction absolue. » Paroles d'une vérité profonde et qu'on ne saurait trop méditer ! L'antagonisme des deux doctrines ne fait que s'accuser chaque jour davantage; l'Église, dans la sublime sérénité de son droit supérieur et divin, affirme son autorité dogmatique infaillible, tandis que le socialisme révolutionnaire dirige contre elle tous ses efibrts, tous ses coups, sentant bien que, sans la défaite de l'ennemi, il n'arrivera jamais au triomphe de sa doctrine.

Donoso Certes mourut à Paris, où il était ambassadeur d'Espagne. Ses Lettres de Paris sont curieuses à lire; on y trouve des aperçus neufs et saisissants, des pages éloquentes, des jugements pleins de justesse et de fermeté, fruit de ses observations et de ses méditations. U faut aussi rappeler son Discours sur la poésie biblique, prononcé à l'Académie espagnole : il y peint en magnifique langage les splendeurs de l'inspiration divine reflétée par les pages du livre saint.

Si Donoso Certes était découragé en voyant le mal pro-> fond dont sont atteintes les sociétés modernes; s'il prédi«»

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