‹ Histoire des littératures étrangères (volume 2)Chapitre 242 sur 300 · III · texte numérisé non relu

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glorieux ; il s'engagea comme volontaire dans Tannée qui combattait alors en Afrique, et se distingua devant Geuta, où une balle vint lui crever Toeil droit. Il avait droit d'espérer, à son retour à Lisbonne, quelque récompense de sa bravoure; ses espérances furent déçues, et il se résolut à quitter son ingrate patrie, en lui disant, comme Scipion : c Tu n'auras pas mes os. >

Gamoêns s'embarqua pour les Indes avec une escadre de quatre vaisseaux ; trois d'entre eux périrent dans une tempête; celui qui portait Gamoêns arriva seul au portée

Goa. A défaut d'autre emploi , le poète reprit du service, et signala encore son courage dans deux expéditions, dont l'une portait secours au roi de Gochin, et l'autre était dirigée contre les corsaires de la mer Rouge. Le repos forcé d'un hiver passé dans l'Ile d'Ormuz donna de l'essor à son imagination rêveuse; tout était pour lui matière à poésie; son grand poème germait déjà dans sa pensée, à la vue de ces régions orientales où ses compatriotes avaient accompli tant d'exploits. Mais si le patriotisme enflammait son âme, il ne le rendait pas aveugle sur les vices de l'administration coloniale; il les critiqua avec une imprudente franchise dans une espèce de satire intitulée Soitises dans tlnde [Disparates na India); le gouverneur, Francesco Barretto, se sentit ofTensé par cet écrit, et en exila l'auteur à Macao. Dans le dénûment complet où il était réduit, le poète fat heureux d'accepter l'emploi d'administrateur des successions vacantes à Macao, et, pendant qu'il gérait les biens des morts, il songeait à l'immortalité en se livrant a?ec ardeur à la composition de ses Lusiades. On montre encore, aux environs de la ville, sur les bords de la mer, une grotte surmontée d'un rocher, où Gamoêns aimait à se retirer pour travailler à son poème; c'est là, sur les firon-

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