CHAPITRE CINQUIÈME
étaient ceux qui consacraient leur vie aux missions lointaines, et dont le zèle s'attachait moins à la forme du discours qu*au résultat pratique qu'ils poursuivaient pour le salut des âmes. Il en est un pourtant qui , au milieu de ses courses lointaines, de ses infatigables travaux comme missionnaire, trouva le temps d'écrire de nombreux ouvrages, recueillis en quinze gros volumes : c'est le P. Antonio Vieira (1608-1697). Entré à quinze ans dans l'ordre des Jésuites, il se distingua tout d'abord par la prédication dans l'Amérique portugaise, à Bahia; puis il revint en Europe, où il fut bien accueilli par le roi Jean IV. Toujours passionné pour l'étude, il parcourut la France, la Hollande , et se rendit à Rome , où il eut l'occasion de prêcher avec éclat devant la reine Christine de Suède. Hais bientôt il porta toute son ardeur et son talent vers les missions lointaines, retourna au Brésil et déploya une activité prodigieuse pour la conversion des Indiens, en même temps qu'il plaidait éloquemment leur cause auprès de Jean IV pour les soustraire à la cruauté rapace des colons. Son biographe raconte qu'il fit quatorze mille lieues à pied au milieu des vastes déserts du nouveau monde, exposant à chaque instant sa vie pour l'œuvre divine à laquelle il s'était voué. Il composa, en diverses langues, six catéchismes pour l'instruction de ses nouvelles ouailles, et ne fit que redoubler de zèle quand son autorité s'accrut par le titre de visiteur général des missions. Après tant de travaux , il revint en Portugal et consacra la fin de sa carrière aux études qu'il n'avait jamais interrompues au milieu de sa vie active. Ses sermons se ressentent de l'ardeur évangélique qui dévorait son àme : ils sont pleins d'énergie, sillonnés des traits hardis d'une mAle éloquence.