‹ Histoire des littératures étrangères (volume 2)Chapitre 269 sur 300 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

■ Antoine^Félicieii de Gastilho (1800) est devenu aveugle à la suite d'une maladie cruellei la variole; mais» grâce aux soins dévoués de son frère, il put faire d'excellentes études, approfondir l'histoire, l'antiquité, les sciences, et devenir, nouvel Homère, Tun des plus excellents poètes de son pays. Les Portugais témoignent une vive admiration pour ses divers recueils poétiques : Lettres d'Écho à Narcisse, les Jalousies du Barde, le Printemps, les Méditations poétiques, et tiennent en haute estime son poème sur Camoèns. On lui doit aussi de fort bonnes traductions, des Tableaux historiques, et un Traité de versification por^ tugaise.

Herculano de Carvalho e Aranjo (1810) fit ses études à Paris et s'y adonna avec ardeur aux langues et à la littérature. L'école romantique était alors dans tout son éclat; il en adopta les ardeurs généreuses et la propagea en Por-* tugal, tant au moyen du journal le Panorama que par ses poésies la Harpe du Croyant et un livre en prose, la Voix du Prophète. Ce dernier ouvrage, écrit dans un style apo« calyptique, à l'imitation des Paroles d^un Croyant de Lamennais, fit une impression profonde dans le pays, qui était agité par la révolution. L'auteur y peignait l'avenir du Portugal sous les couleurs les plus sombres. Les poésies d'HercuIano semblent être un écho de celles de Y. Hugo , et son roman A'Enrich, prêtre des Goths, rappelle aussi de très-près Notre-Dame de Paris. Après la publication de plusieurs autres romans et nouvelles, Herculano s'est adonné à l'histoire, et y a trouvé le complément de sa gloire d'écrivain. Son Histoire de Portugal, en quatre volumes, esjt une œuvre d'un haut mérite, par l'élévation des idées, l'ampleur de l'érudition , Téclat et la pureté du style. Il a également contribué à la publication des Monumaits hisni. 33

5fl LITTËRATURE PORTUGAISE.

toriqua du Portugal, entreprise par rAeadémie royale.

Gonçalevez Dias (1823], né au Brésil, appartient an Portugal par ses œuvres poétiques et par les études qu'il fit à FuniTorsité de Lisbonne. Il y a des vers charmants, des morceaux inspirés dans ses divers recueils : les PremUrs CkatUi, les Seconds ChanU, les Dernkn ChanU. La ballade gracieuse et naïve est le genre où il réussit le mieux.

Mendès Léal (1822) est un des écrivains les plus féconds et les plus distingués de la littérature contemporaine dans son pays. U débuta par le journalisme et embrassa successivement tous les genres , la poésie, le théâtre, le roman, l'histoire, déployant partout une facilité extrême et une supériorité incontestée. Ces succès littéraires ont donné i Léal une notable influence dans son pays, et Tout fait arriver à la députation, au ministère, aux honneurs académiques, et enfin à l'ambassade de Paris. Ses poésies lyriques sont remarquables par l'éclat du style et l'émotion patriotique qui les anime : Ate Cœ$ar, le Fantâme noir» sont des pièces qu'on ne se lasse pas de relire et d'admirer. Ce soufQe lyrique se retrouve même dans ses drames, auxquels il donne parfois un caractère de haute et vigoureuse inspiration, surtout dans les sujets patriotiques. Ses pièces les plus applaudies sont les Deux Renégats, les Hommes is marbre, ÏBomme au masque noir, éiba Estrella, VHérU^e du Chancelier» MarUm de Freiias. Dans le drame conmiedâos la comédie , Mendès Léal est aujourd'hui le maître de la scène par la vigueur de l'invention, l'originalité de la facture, la fertilité des ressources, l'entente de l'efiet, la pureté, l'élégance du style.

Rebello da Silva (1822) n'a pas, dans ses pièces, toutes les hautes qualités de Léal, mais il a plus d'entrain, de finesse et de grâce. Député au parlement, orateur remax^

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