‹ Histoire des littératures étrangères (volume 2)Chapitre 271 sur 300 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

rien» employé à des fonctions diverses, membre du Con<» servatoire et de l'Académie. U a fini par se fixer à Paris, où il a fondé la Société ibérique, qui a pour but de publier les ouvrages relatifs à FEspagne, au Portugal et au Brésil. C'est un bomme très-savant, un fin observateur, un publi* ciste qui fait grand bonneur à son pays.

Pour quiconque a étudié avec un peu de soin l'état actuel de la littérature en Portugal, il est évident que le pays est sorti de la torpeur et de l'abaissement intellectuel où les malheurs politiques, les divisions, les guerres civiles et étrangères l'avaient plongé pendant les quarante premières années du siècle. C'est un réveil qui promet un avenir plus brillant encore : la sève est revenue à ce vieux tronc que l'on croyait près de mourir ; on dirait même parfois qu'il y a exubérance dans ce retour à la fécondité. Le théâtre, le roman , la presse militante ont leurs écarts, leurs excès; mais le goût et le bon sens feront avec le temps la part de ce qu'il faudra oublier et de ce qui est digne de survivre : mieux vaut la vie , avec quelques folies de jeunesse , que la décrépitude.

C*est à la presse, et aux nombreux écrivains qui l'ali*

mentent, qu'est dû ce mouvement remarquable de résurrection intellectuelle; c'est par le journalisme que se sont révélés la plupart des écrivains , et que sont arrivés aux honneurs, au pouvoir, les hommes les plus éminents de la nation. Là est le moyen d'influence, la direction de l'esprit public , le véhicule des idées et du progrès en tous genres. D y a bien les dangers, les écueils, les excès comme partout; le mal est à côté du bien» on abuse souvent du droit comme on méconnaît le devoir. C'est le sort des choses humaines d'être toujours mêlées d'imper* fections. Aux écrivains cités plus haut, qui sont arrivés par

le journalisme, nous pouvons ajouter les suivants, qui lui ont dû leur notoriété ou leur influence : Rodrigo da Fonseca, Passos Manoel , Fontes de Mello , Martins Ferrâo, le duc de Saldanha, le comte de Thomar, le comte d*Avila, le comte de Castro, le marquis Sa da Bandeira, Rodrigues de Sampaio, Silva Tullio, Andrade Corvo, Cascaes, Ghagas, Serpa Piraenlel.

Comme complément à cette revue des auteurs contemporains , nous ajouterons le tableau suivant d*un critique qui lui-même compte parmi les bons écrivains actuels : < Qu*on lise les œuvres de Joâo de Lemos, ce chantre d*un lyrisme passionné , on sera frappé du sentiment pur et de rheureuse harmonie qui les distinguent. Il y a des images d*un grand effet dans la Lum à Londres, et dans d*aatres de ses compositions. Les Chacaras délicieuses de Pereira da Cunha, et les vers sonores de Bulhâo Pato, font songer tantôt à Alfred de Musset, tantôt à Chénier et à Millevoye. On applaudira sans réserve ces romances chevaleresques, où s'épanouit une douce mélancolie : le Cid, la Cidaxunda, les Armes de Cotmbre, produits de la muse rêveuse de Freire Serpa ; ces rondos nonchalants et pittoresques de Palmeirim, de Théophilo Braga, de Corvo et deSarmento, éclatants de vie et de chaleur. Citons encore les vers héroïques d'Antonio Yiale, les ironies poignantes de Rossado, de Novaes et de Pinheiro Chagas; les mélodies vaporeuses et idéales de Costa e Silva, d'Antonio Serpa, d'Amorim. Partout, au milieu d'un grand désordre d'idées, se montre une^ve abondante, des élans vigoureux, une véritable inspiration poétique*. >

* Pereiiia hk SiLYÀ, la Utiérature portugaise, 1866, 1 vol.

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