‹ Histoire des littératures étrangères (volume 2)Chapitre 272 sur 300 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

La Grèce ancienne et moderne. — Byzance et le Bas-Empire. — Les Turcs à Coosfantinople. — Résultat de la conquête pour la langue et les lettres. — Réveil de la Grèce en 1821. — Les ffétairies, — La Grèce indépendante. — Recueil des Chants populaires ^ ^r Fauriel. — Rizos Neroulos. — Société des Études grecques à Paris. — La lang;ue Tulgaire au moyen âge. — Séthos. — Prodromos. — Les romans de chevalerie en Grèce. — Poésie populaire. — Le grec moderne.

Notre étude générale des littératures européennes ne serait pas complète si nous n'y ajoutions une esquisse rapide sur la Grèce moderne , qui a bien le droit d*y réclamer sa place. Ne porte-t-elle pas un nom dont la noblesse oblige? N Vt-elle pas hérité de ce diyin idiome immortalisé par Homère, Eschyle, Sophocle» Euripide, Hérodote^ Thucydide, Xénophon?Ne fait-elle pas de nobles efforts pour reprendre les traditions de ce merveilleux génie qui a produit tant de chefs-d'œuvre dans les lettres et dans les arts? La Grèce, c'est le flambeau de l'antique civilisation: sa lumière a rejailli sur toute l'Europe. Rome lui a dû son élan poétique et littéraire. Le siècle d'Auguste procède

directement de celui de Pérlclès. Le génie latin, rude et grossier, s'est grefié sur le génie grec , et lui a emprunté cette grÂce, cette élégance, cette pureté classique qu*il n'eût point trouvée en lui-même. Héritiers de cette doublç civilisation antique, qui nous a été transmise avec ses chefsd'œuvre, nous ne saurions trop lui rendre hommage, et le peuple qui la représente aujourd'hui , en s'efforçant de la faire revivre, a droit à toutes nos sympathies comme à nos encouragements.

Dans l'ordre de la nature, la plante croit, se développe et étale bientôt au soleil la beauté de sa verdure, l'édat de ses riches couleurs. Cette splendeur n'a qu'un moment : le dépérissement suit de près. Tout ce qui vit est soumis à cette loi providentielle de l'épanouissement et de la décadence. , Ainsi «n est-il des nations : il est un moment où toutes les forces intellectuelles semblent atteindre leur apogée; l'imagination a toute la force, la grâce, la fraîcheur dont elle est susceptible ; la raison la guide par l'ascendant du goût; il se produit coipme une floraison naturelle dans les œuvres de l'esprit ; elles exhalent alors ce parfum exquis dont le génie a le privilège de fixer les émanations pour les transmettre aux âges futurs. Tel fut pour la Grèce ce beau siècle de Périclès, où Athènes réalisa dans tous les genres le type idéal du beau ; où fleurirent à la fois Sophocle et Euripide dans la poésie ; Phidias, Polygnote , Parrhasius et Zeuxis dans les arts; où s'élevèrent le Parthénon, rOdéon, le temple d'Eleusis. Bientôt après, Platon vint couronner cette brillante période des rayons de son immortelle esthétique, et Démosthène jeta les flots de son éloquence sur le tombeau de la liberté expirante. Philippe tenait la Grèce en échec, et Alexandre grandissait pour l'asservir : la bataille de Chéronée fut le signal de la décadence.

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